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18/10/2017 00:52 EDT | Actualisé 18/10/2017 01:00 EDT

Du bout des lèvres, Pyongyang félicite les communistes chinois

La Corée du Nord a publié mercredi un message de félicitations inhabituellement court au Parti communiste chinois à l'ouverture de son congrès à Pékin, dans un contexte de relations détériorées par les ambitions nucléaires de Pyongyang.

La Chine est depuis longtemps le bienfaiteur économique et l'allié de la Corée du Nord, qu'elle a sauvée de la défaite pendant la guerre de Corée (1950-53).

Mais ces derniers mois, les relations bilatérales ont tourné au vinaigre à cause des programmes nucléaire et balistique nord-coréens, qui ont conduit Pékin à accepter le durcissement des sanctions de l'ONU.

Dans un message en trois paragraphes publié par l'agence officielle KCNA, le Parti des travailleurs de Corée, le parti unique au pouvoir, "félicite chaudement le XIXe congrès du Parti communiste de Chine et adresse ses salutations chaleureuses à tous les membres du parti et aux autres Chinois".

"Le peuple chinois a réalisé de grands progrès pour la cause de la construction du socialisme (...) et nous sommes immensément heureux de cela", ajoute KCNA.

Mais le texte ne mentionne pas les liens historiques entre Pékin et Pyongyang, et tranche avec le message publié pour le dernier Congrès de 2012, quand le président sortant Hu Jintao avait été félicité nommément.

Le texte évoquait le "peuple fraternel chinois", ajoutant que le Parti des travailleurs nord-coréen "protégerait l'amitié traditionnelle entre la Corée du Nord et la Chine, fournie et cultivée par les précédentes générations au sein du parti et du pays, et qui va immanquablement se développer de génération en génération".

Le ministère chinois des Affaires étrangères a exprimé ses remerciements pour les messages de félicitations reçus pour le congrès de la part d'organisations et partis politiques étrangers, y compris de Pyongyang.

"Cela témoigne du grand intérêt" suscité par l'événement, a dit un porte-parole, Lu Kang.

Les relations bilatérales avaient été forgées dans le sang pendant la guerre de Corée, quand Mao Tsé-Toung avait dépêché plusieurs centaines de milliers de "volontaires" pour combattre les forces des Nations unies emmenées par les Etats-Unis.

Les deux alliés, avait dit Mao, sont "aussi proches que le sont les lèvres des dents".

La Chine était accusée depuis longtemps de ne pas appliquer les sanctions de l'ONU même lorsqu'elle les avait votées.

Pékin veut ramener Pyongyang à la table de négociations afin de limiter ses ambitions nucléaires mais montre de plus en plus de signes d'irritation envers son voisin imprévisible.

Après de multiples tirs de missiles et le sixième essai nucléaire nord-coréen, Pékin a apporté son soutien à de nouvelles sanctions de l'ONU qui interdisent les exportations nord-coréennes de charbon ou de minerai de fer et réduisent ses approvisionnements en pétrole.

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