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18/10/2017 08:00 EDT | Actualisé 18/10/2017 09:02 EDT

De dangereuses toxines trouvées dans les corps des pompiers, selon une étude

OTTAWA — Une nouvelle étude confirme ce que de nombreux pompiers soupçonnent depuis longtemps: des niveaux élevés de substances toxiques s'accumulent dans leurs corps en raison de l'exposition soutenue aux flammes et à la fumée.

Des chercheurs de l'Université d'Ottawa ont ainsi trouvé que cette concentration élevée de produits chimiques peut causer le cancer et des dommages génétiques.

Jules Blais, l'auteur de l'article publié dans la revue «Environmental Science and Technology», estime qu'aucune étude n'avait jusque-là dressé un portrait aussi complet de la situation.

M. Blais a travaillé avec un groupe de pompiers d'Ottawa, prélevant des échantillons d'urine et de peau avant et après que les pompiers eurent été appelés sur les lieux d'un incendie.

Ces deux types d'échantillons ont témoigné des niveaux élevés d'hydrocarbures aromatiques polycycliques — communément appelés HAP — qui proviennent de matières de plastique brûlées. Les HAP peuvent causer des dommages aux cellules, ainsi que des mutations génétiques. Ce type de produit chimique se trouve dans tous les types de feux.

M. Blais a déterminé que les niveaux de HAP étaient de trois à cinq fois plus élevés chez les pompiers qui venaient de combattre un incendie. Chez certains pompiers, ce niveau était 60 fois plus élevé.

Ces résultats ont également été comparés avec ceux de collègues qui n'avaient pas quitté la caserne, ainsi qu'avec les moyennes canadiennes en la matière.

L'étude s'est également attardée aux niveaux de produits chimiques dans l'urine qui pourraient causer des dommages génétiques. La moyenne était environ quatre fois plus élevée après que les pompiers eurent combattu les flammes.

Bien que les HAP demeurent dans le sang quelques jours seulement, Jules Blais estime que cela est suffisant.

«C'est lorsque le corps tente de gérer ces toxines que les dommages sont causés.»

De plus, les pompiers sont régulièrement exposés à ce type de produits chimiques.

«L'exposition à l'échelle d'une vie peut être élevée.»