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18/10/2017 05:47 EDT | Actualisé 18/10/2017 06:00 EDT

Berlin presse l'Ukraine de ne pas extrader un germano-turc vers la Turquie

Les autorités allemandes ont demandé mercredi à l'Ukraine de ne pas extrader vers la Turquie un ressortissant germano-turc bloqué sur son territoire et accusé par Ankara d'être lié à un groupuscule d'extrême gauche.

"Notre ambassade à Kiev suit cette affaire. Nous demandons aux autorités ukrainiennes de décider rapidement afin (qu'il) puisse revenir en Allemagne", a déclaré lors d'un point presse régulier un porte-parole du ministère des Affaires étrangères à Berlin.

"Il ne pourra quitter l'Ukraine que lorsque le procureur général aura pris sa décision finale sur la demande d'extradition formulée par la Turquie et que l'avis d'Interpol sera annulé",

a-t-il ajouté.

L'homme, présenté comme Kemal K., a été arrêté fin juillet en Ukraine sur la base d'un "notice rouge" d'Interpol réclamée par la Turquie, a indiqué à l'AFP un porte-parole du ministère de l'Intérieur ukrainien.

Selon des médias allemands, il aurait été libéré trois jours plus tard par un tribunal local, avec interdiction de quitter le territoire ukrainien.

Selon ces médias, ce commerçant de 52 ans, habitant à Cologne (ouest de l'Allemagne) et marié à une Ukrainienne, est recherché par Ankara pour ses liens avec le TKP/ML (Parti communiste de Turquie/marxiste-léniniste, Armée de la libération des ouvriers et paysans de Turquie), un groupuscule maoïste considéré par les autorités turques comme proche du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, interdit).

Ankara, qui le soupçonne d'être impliqué dans deux meurtres, a déjà réclamé, en vain, son extradition.

Les tribunaux allemands ont toujours estimé que sa demande d'arrestation avait des "motifs politiques".

Il aurait fui son pays en 2007 pour rejoindre l'Allemagne, où il a pu bénéficier de l'asile politique avant d'obtenir, en 2016, la nationalité allemande, selon le quotidien Suddeutsche Zeitung.

Ce cas évoque celui de l'auteur germano-turc Dogan Akhanli, qui était resté bloqué pendant plusieurs mois en Espagne suite à une demande d'extradition via Interpol de la Turquie. Madrid avait finalement décliné vendredi cette extradition et l'auteur devrait rentrer en Allemagne cette semaine.

Les relations entre la Turquie et l'Allemagne se sont particulièrement tendues depuis le putsch manqué du 15 juillet 2016, imputé par Ankara au prédicateur musulman Fethullah Gülen qui nie les faits.

Une douzaine d'Allemands, beaucoup ayant la double nationalité germano-turque, sont actuellement détenus en Turquie. Ils sont le plus souvent soupçonnées par les autorités turques de liens avec le PKK ou le mouvement de M. Gülen.

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