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18/10/2017 02:28 EDT | Actualisé 18/10/2017 02:40 EDT

Autriche: l'extrême droite exigera l'Intérieur en cas de coalition

Le parti d'extrême droite autrichien FPÖ, considéré comme le plus probable partenaire de coalition des conservateurs victorieux aux législatives, fera du ministère de l'Intérieur une condition sine qua non à une participation gouvernementale, a déclaré mercredi son chef Heinz-Christian Strache.

"Nous avons plusieurs lignes rouges", a-t-il rappelé lors de sa première conférence de presse depuis les élections de dimanche, soulignant que le portefeuille de l'Intérieur figurait parmi les priorités pour son parti.

Crédité de 26% des suffrages selon des résultats quasi définitifs, le FPÖ fait figure de faiseur de roi après ce scrutin anticipé remporté par les conservateurs de Sebastian Kurz (31,5%) devant les sociaux-démocrates du chancelier sortant Christian Kern (26,9%).

M. Strache, 48 ans, a souligné qu'il ne voyait "pas de raison d'être pressé" dans les négociations qui doivent s'ouvrir à partir de la fin de la semaine.

"Nous n'entrerons pas en coalition à tout prix. Il faut que des éléments de notre programme soient appliqués, sinon (une participation gouvernementale) n'a pas de sens", a-t-il martelé.

Parmi les thèmes que le FPÖ a indiqué vouloir porter figurent la "sécurisation des frontières", "la démocratie directe à l'exemple de la Suisse", "l'arrêt de l'islamisation" et des allègements d'impôts et de charges, a rappelé M. Strache. Il a souligné que "beaucoup" de points du programme du FPÖ avaient été repris par M. Kurz durant sa campagne.

A 31 ans, le jeune dirigeant conservateur doit être formellement chargé vendredi par le président Alexander Van der Bellen de former le nouveau gouvernement et d'engager des pourparlers pour former une coalition.

M. Kurz a indiqué qu'il discuterait avec tous les partis. Il a par ailleurs formellement réaffirmé mardi son engagement européen. Ce thème n'a pas été abordé mercredi par M. Strache, qui a longtemps a défendu une ligne eurosceptique avant de se faire plus discret sur ce point.

La perspective d'une éventuelle alliance avec les sociaux-démocrates est jugée improbable, M. Kurz ayant fait campagne sur le thème du renouvellement, après dix années de grande coalition droite-gauche.

S'il se hisse à la chancellerie, M. Kurz deviendrait le plus jeune dirigeant au monde.

phs/mra