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17/10/2017 06:59 EDT | Actualisé 17/10/2017 07:20 EDT

Ouzbékistan: nouvelle libération d'un défenseur des droits de l'Homme

La justice de l'Ouzbékistan a libéré un défenseur des droits de l'Homme après huit ans de prison, nouveau signe d'assouplissement dans ce pays d'Asie centrale depuis l'arrivée au pouvoir d'un nouveau président l'an dernier, a-t-on appris mardi auprès d'une ONG.

Ganikhon Mamatkhonov avait été condamné en 2009 à cinq ans de prison pour fraude et corruption puis avait vu à deux reprises sa détention prolongée de deux ans sans préavis, une pratique courante dans ce pays fermé d'Asie centrale.

Sa libération "était très attendue et est une bonne nouvelle", a déclaré dans un courrier transmis à l'AFP Nadejda Ataïeva, la directrice pour l'Asie centrale de l'Association pour les droits de l'Homme, une ONG française.

"Mamatkhanov a été libéré légèrement en avance pour des raisons humanitaires", a-t-elle ajouté, précisant qu'il s'agit du dixième prisonnier politique libéré depuis l'élection de Chavkat Mirzioïev.

Depuis son arrivée au pouvoir après la mort en septembre 2016 de son prédécesseur, l'autoritaire Islam Karimov, le président Mirzioïev a donné quelques signes d'un éventuel assouplissement du régime. Il a notamment gracié plusieurs prisonniers politiques célèbres, dont un journaliste emprisonné depuis 1999 et un ancien député qui était sous les verrous depuis 1993.

Il a aussi surpris les observateurs en autorisant en juillet le retour de l'ONG Human Rights Watch (HRW), bannie du pays depuis 2010.

Selon Nadejda Ataïeva, de l'Association pour les droits de l'Homme, au moins dix prisonniers politiques sont encore emprisonnés en Ouzbékistan et 10.000 personnes sont détenues dans des affaires fabriquées de toute pièce.

L'Ouzbékistan est régulièrement critiqué par des ONG pour le contrôle très strict des médias et des violations des droits de l'homme, dont l'emprisonnement d'opposants.

Ancien Premier ministre d'Islam Karimov, M. Mirzioïev a été élu avec 88,6% des suffrages, succédant à Islam Karimov qui avait régné sans partage pendant plus de 25 ans.

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