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17/10/2017 00:23 EDT | Actualisé 17/10/2017 00:40 EDT

Bagdad reprend aux Kurdes les deux plus grands champs pétroliers à Kirkouk

Les troupes irakiennes se sont emparées mardi des deux plus grands champs pétroliers de la région de Kirkouk, après le retrait des forces kurdes sans combat, a annoncé la police fédérale.

"Des unités de la police fédérale ont pris les champs pétroliers de Bay Hassan et Havana", au nord de la ville de Kirkouk (nord-est), à la faveur des opérations militaires lancées par le pouvoir central pour asseoir de nouveau son contrôle sur cette région, a-t-elle indiqué dans un communiqué.

La veille, les techniciens kurdes avaient arrêté les opérations de pompage des puits de Bay Hassan et Havana et quitté les lieux avant l'arrivée des forces irakiennes, selon un responsable du ministère du Pétrole à Bagdad.

Ces deux champs avaient été pris en 2014 par les combattants kurdes (peshmergas), qui avaient profité du chaos et de la débandade de l'armée dans la foulée de l'offensive éclair du groupe jihadiste Etat islamique (EI) qui s'était alors emparé de près du tiers de l'Irak.

Les champs de Bay Hassan et Havana produisaient environ 250.000 barils par jour et dépendaient depuis 2014 du ministère des Ressources minières de la région autonome du Kurdistan, selon une source pétrolière à Kirkouk.

Le Kurdistan, qui traverse la plus grave crise économique de son histoire, pourrait lourdement pâtir de la perte de ces champs qui assurent 40% de ses exportations pétrolières.

La riche province de Kirkouk, qui ne fait pas partie du Kurdistan irakien, est depuis 2014 au coeur d'un contentieux entre Bagdad et Erbil que le récent référendum sur l'indépendance kurde du 25 septembre a encore exacerbé.

Depuis dimanche, l'armée irakienne a donc repris plusieurs zones et infrastructures de la province de Kirkouk.

L'offensive du pouvoir central à Kirkouk a fait éclater au grand jour la crise qui couvait entre le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) de Massoud Barzani, l'initiateur du référendum d'indépendance, et l'UPK, qui préférait engager des négociations avec Bagdad sous l'égide de l'ONU.

ak-sk/tp