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17/10/2017 08:53 EDT | Actualisé 17/10/2017 09:00 EDT

Autriche: Sebastian Kurz affiche son engagement européen

Le jeune conservateur Sebastian Kurz, vainqueur des législatives en Autriche, a revendiqué mardi sa volonté d'être "un participant actif" au sein de l'Union européenne, dont il rencontrera les responsables jeudi à Bruxelles.

"Il est clair, à mes yeux, que l'Autriche doit jouer un rôle important au sein de l'Union européenne, et quand on est pro-européen il ne faut pas seulement être pour l'Europe mais surtout être un participant actif en Europe. C'est clairement ce que je ferai dans les prochaines années", a déclaré mardi le chef du parti conservateur ÖVP, qui a remporté dimanche les législatives.

Il a ajouté qu'il se rendrait jeudi à Bruxelles, dont il fait "délibérément" la destination de son premier voyage à l'étranger après le scrutin, et qu'il y rencontrerait le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker ainsi que le président du Conseil européen Donald Tusk.

Lundi, la patron de l'exécutif européen avait, tout en félicitant Sebastian Kurz de sa victoire, souhaité qu'il forme un gouvernement "pro-européen". Le chef de file de l'ÖVP, 31 ans, est en effet susceptible de s'allier avec le parti d'extrême droite FPÖ, eurosceptique et hostile à l'immigration, qui est arrivé en troisième position des législatives avec 26% des suffrages, selon les résultats quasi définitifs.

Dans les prochains jours, au plus tôt vendredi, Sebastian Kurz se verra confier le mandat de former le gouvernement. Il a affirmé, à l'issue du scrutin, qu'il discuterait avec tous les partis et les spéculations vont bon train sur la forme que prendra la future coalition.

Le patron du FPÖ, Heinz-Christian Strache, qui pourrait prétendre au poste du vice-chancelier dans le cadre d'une coalition avec l'ÖVP, a assuré mardi que sa formation "voulait prendre des responsabilités" et se tenait prête à engager des discussions avec les autres partis.

"Notre but est de mettre en oeuvre notre programme au sein d'un gouvernement", a ajouté M. Strache, 48 ans, sans dévoiler s'il préférait s'allier avec les conservateurs, ou avec les sociaux-démocrates en cas d'échec des discussions avec M. Kurz.

Les sociaux-démocrates, qui ont fait preuve d'une bonne résistance en décrochant la seconde place (26,9%), ne sont officiellement pas résolus à aller dans l'opposition et se disent également prêts à négocier une alliance avec l'ÖVP et même le FPÖ.

Ces deux hypothèses paraissent cependant peu probables. Les sociaux-démocrates ne seraient pas l'allié idéal pour Sebastian Kurz, qui a fait campagne sur le thème du renouvellement, après dix années de grande coalition droite-gauche.

Quant à une alliance du SPÖ avec l'extrême droite, elle risquerait d'entraîner "jusqu'à une scission du parti", a prévenu mardi le maire SPÖ de Vienne Michael Häupl.

Le FPÖ co-dirige déjà deux des neuf exécutifs régionaux du pays, en Haute-Autriche avec l'ÖVP et au Burgenland avec le SPÖ.

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