NOUVELLES
17/10/2017 12:23 EDT | Actualisé 17/10/2017 12:52 EDT

Agropur demande à Ottawa de défendre la gestion de l'offre comme il l'a promis

MONTRÉAL — Agropur appelle le gouvernement fédéral à respecter intégralement son engagement à défendre le système de gestion de l'offre dans le cadre de la renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA).

Au lendemain de la demande des États-Unis d'abolir le système canadien de gestion de l'offre d'ici dix ans, le président de la coopérative, René Moreau, a averti mardi que ses membres n'accepteront «pour aucune considération» de devenir une monnaie d'échange dans les négociations en vue du renouvellement de l'ALÉNA.

S'adressant à quelque 300 convives réunis à l'invitation du Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM), M. Moreau a soutenu que la fin du système de gestion de l'offre, qui régit la production laitière, des oeufs et de la volaille, aurait des conséquences potentiellement catastrophiques pour ses membres, soit 3345 producteurs laitiers répartis dans cinq provinces.

M. Moreau a rappelé les conclusions d'une étude du Boston Consulting Group, réalisée en 2015, qui estimait que l'élimination de la gestion de l'offre se traduirait notamment par une perte de 2 milliards $ à 3,5 milliards $ pour le produit intérieur brut du Canada et mettrait à risque quelque 24 000 emplois, en plus de placer entre 6 milliards $ et 7 milliards $ de financement bancaire dans le secteur agricole à risque d'être en défaut.

De plus, il affirme qu'il est illusoire de faire miroiter des baisses de prix pour les consommateurs puisque les pays ayant procédé à une forme de déréglementation de leur industrie laitière ont vu les revenus de leurs producteurs agricoles chuter sans que les prix ne connaissent de baisse significative à quelques exceptions près.

René Moreau a cité le premier ministre Justin Trudeau, qui a affirmé que «tous les pays protègent pour une bonne raison leur industrie agricole» et que le système de gestion de l'offre «fonctionne très bien ici au Canada».

Il a aussi rappelé que les députés fédéraux avaient adopté de façon unanime aux Communes, le 26 septembre dernier, une motion exprimant la volonté du Canada «de maintenir intégralement la gestion de l'offre dans le cadre des négociations de l'ALÉNA».