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10/10/2017 06:06 EDT | Actualisé 10/10/2017 06:20 EDT

Togo: marche de l'opposition le 18 octobre

L'opposition togolaise a annoncé mardi l'organisation d'une nouvelle marche le 18 octobre dans le cadre d'une réforme constitutionnelle controversée, après deux mois de mobilisation populaire contre le régime de Faure Gnassingbé.

Le gouvernement compte organiser un référendum pour faire adopter une réforme constitutionnelle prévoyant notamment une limitation à deux mandats présidentiels, ce que l'opposition demande depuis plus de 10 ans.

Mais les détracteurs du chef de l'Etat dénoncent le projet de loi actuel, qui n'est pas rétroactif et remet les compteurs à zéro, permettant à M. Gnassingbé au pouvoir depuis 2005, de briguer un quatrième, voire un cinquième mandat.

"La lutte continue. A cet effet, nous annonçons déjà pour le mercredi 18 octobre, une grande marche qui ira vers les bureaux de la Cédéao (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest) à Lomé pour dire à la Cédéao que nous ne sommes pas d'accord avec le référendum qu'elle semble encourager", a déclaré lors d'une conférence de presse Brigitte Adjamagbo-Johnson, coordonnatrice de la principale coalition de l'opposition togolaise. "La Cédéao est allée très loin en incitant le gouvernement à annoncer une date pour le référendum. Or ce que le peuple veut, c'est le retour à la Constitution de 1992".

Depuis deux mois, 14 partis d'opposition alliés ont multiplié les grands rassemblements populaires pour obtenir des réformes constitutionnelles avec en ligne de mire, le départ de Faure Gnassingbé.

Le chef de l'Etat a succédé avec le soutien de l'armée à son père, le général Gnassingbé Eyadéma, décédé en 2005 après avoir dirigé le Togo d'une main de fer durant 38 ans.

Il a été réélu à deux reprises, en 2010 et en 2015, lors de scrutins très contestés.

Sous pression, le gouvernement a soumis au vote du Parlement en septembre un projet de réforme reprenant le principe de la limitation à deux mandats présidentiels.

Mais l'opposition a boycotté le vote du texte pour protester contre la non-rétroactivité du projet de loi et le gouvernement s'est rabattu sur la tenue d'un référendum "dans les prochains mois".

La semaine dernière, la Cédéao, l'Union africaine et le Bureau des Nations unies pour l'Afrique de l'Ouest et le Sahel avaient estimé que ce projet de loi était "une étape importante pour mettre le Togo en conformité avec les normes démocratique".

Les trois organisations avaient appelé "le gouvernement à fixer une date pour l'organisation du référendum" et encouragé "l'opposition à saisir cette occasion pour faire avancer les réformes constitutionnelles".

L'opposition a annoncé son refus de rencontrer la délégation de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF) qui devait arriver mardi au Togo pour trois jours dans le cadre de la crise politique.

"La coalition a décidé de ne pas rencontrer la mission de l'OIF, non pas parce qu'elle a quelque chose contre elle, mais à cause de la chef de délégation, Mme Aïchatou (Mindaoudou Souleymane), notamment du rôle qu'elle a déjà joué au Togo en 2005", a lancé Mme Adjamagbo-Johnson. Cette diplomate nigérienne avait dirigé une mission de médiation de la Cédéao lors de la crise post-électorale qui avait fait au moins 500 morts, selon l'ONU.

"Nous ne voulons pas qu'on nous prenne comme caution pour servir des intérêts contraires à ceux du peuple togolais. Donc, nous n'irons pas à cette rencontre".

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