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10/10/2017 02:20 EDT | Actualisé 10/10/2017 02:40 EDT

Policiers agressés à Bruxelles en 2016: la justice écarte le caractère "terroriste"

Un ancien militaire belge de 44 ans a été condamné mardi à neuf ans de prison pour avoir agressé au couteau deux policiers à Bruxelles en octobre 2016, une attaque dont le tribunal a finalement écarté le caractère "terroriste".

Le procureur fédéral avait requis le 7 septembre dernier quinze ans de prison à l'égard de Hicham Diop qui était poursuivi pour "tentative d'assassinat dans un contexte terroriste".

Le 5 octobre 2016, à Schaerbeek, dans l'agglomération bruxelloise, cet ex-militaire pratiquant le "kick-boxing", s'était rué avec un couteau sur deux policiers - un homme et une femme - qui circulaient à pied à proximité d'un hôpital.

Le premier avait été touché au cou et la seconde au ventre. Ils sont toujours en arrêt de travail un an après les faits en raison des séquelles psychologiques.

Deux autres policiers avaient été blessés lors de l'interpellation de l'assaillant, qui s'était rebellé et n'avait été maîtrisé qu'après un tir l'atteignant à une jambe.

Mardi, le tribunal correctionnel de Bruxelles a écarté l'intention "terroriste", jugée "probable mais incertaine". Il a estimé que le doute devait profiter à l'accusé.

Au cours de l'enquête, Hicham Diop s'était présenté devant le juge d'instruction comme "un soldat de Daech" (acronyme arabe de l'Etat islamique).

Mais ce n'est pas étayé par des éléments concrets, et relève plutôt de sa "tendance à la mythomanie" et à sa volonté d'"impressionner son auditoire", a estimé le tribunal.

Il a jugé crédible la thèse, avancée par la défense, d'une "vengeance personnelle" visant la police en général, en raison d'un différend remontant à 2011 vécu comme "un déni de justice".

Cette année-là, Hicham Diop avait été renversé par un véhicule de la police fédérale.

Il y a vu le signe d'"un complot" contre lui et a nourri depuis lors une paranoïa, qui s'est finalement traduite par un acte de vengeance "confus et exalté", souligne le jugement.

Me Sébastien Courtoy, l'avocat de Hicham Diop, s'est dit "modérément satisfait".

La peine de neuf ans "tient insuffisamment compte" de cet accident de la circulation "dont a été victime M. Diop", a-t-il réagi auprès de l'AFP, n'excluant pas d'interjeter appel.

L'avocat a toutefois salué l'abandon de la "prévention terroriste", qui était due selon lui à une "lecture volontairement subjective du dossier" par l'accusation.

"Le parquet fédéral a volontairement saucissonné le discours (de l'accusé) pour n'en retenir que quelques phrases", a poursuivi Me Courtoy.

Selon lui, "lorsque M. Diop dit +Je suis un soldat de Daech+, il est sous morphine (...) C'est le discours particulièrement confus d'un homme particulièrement confus".

mad/agr/jhd