NOUVELLES
10/10/2017 05:27 EDT | Actualisé 10/10/2017 05:40 EDT

Pétrole: l'Irak va réhabiliter un oléoduc pour concurrencer les exportations kurdes

L'Irak a décidé de réhabiliter un oléoduc sous son contrôle reliant la province disputée de Kirkouk au port turc de Ceyhan, dans le cadre de sa confrontation avec le Kurdistan depuis la tenue du référendum d'indépendance dans cette région autonome fin septembre.

Cet oléoduc construit dans les années 1980, à la faveur d'un accord entre l'Irak et la Turquie, avait une capacité nominale de 800.000 b/j. Mais il n'a jamais opéré en pleine capacité et son débit s'est réduit progressivement du fait des attaques à répétition après l'invasion conduite par les Etats-Unis en 2003.

Le ministre du pétrole Jabbar al-Louaïbi a demandé à trois compagnies publiques "de mettre au point de manière urgente un mécanisme pour réparer et rénover complètement le réseau d'oléoducs acheminant le pétrole des champs de Kirkouk au port" de Ceyhan, a annoncé mardi un communiqué du ministère.

Le porte-parole de ce ministère, Assem Jihad, a précisé à l'AFP que ce plan avait été réclamé dans la foulée de la reconquête des zones traversées par l'oléoduc aux dépens du groupe extrémiste Etat islamique (EI).

Avant que les jihadistes ne s'emparent en 2014 de près d'un tiers du pays, l'Irak acheminait encore entre 250.000 et 400.000 barils par jour via cet oléoduc vers la Turquie.

Long de 970 kilomètres, il partait des champs pétroliers de Kirkouk, descendait vers Baïji plus au sud, avant de remonter vers Ceyhan en passant par le poste-frontière de Fichkhabour, dans le nord de l'Irak.

Mais la région autonome kurde a construit un oléoduc parallèle, plus au nord à partir de Kirkouk, qui rejoint lui aussi Ceyhan en passant par Fichkhabour. Erbil avait alors déconnecté l'oléoduc irakien, qui ne fonctionnait plus.

L'oléoduc construit par les Kurdes, dont la capacité est de 600.000 b/j, est entré en fonction en novembre 2013.

L'exportation du pétrole sous contrôle kurde atteint en moyenne 550.000 b/j, dont la moitié est extraite des champs de Kirkouk, province qu'Erbil et Bagdad se disputent.

Les Kurdes contrôlent depuis 2008 le champ de Khormala et ceux de Havana et de Bay Hassan depuis 2014 --à la suite du chaos né de l'offensive des jihadistes--.

Bagdad en contrôle trois autres --Baba, Jambour et Khabbaz-- mais ne peut exporter la production faute d'oléoduc fonctionnel.

La décision de réhabiliter l'oléoduc Kirkouk-Ceyhan et de le reconnecter avec la Turquie montre "la détermination" du gouvernement irakien à "renverser le fait accompli créé par les Kurdes ces dernières années", a déclaré à l'AFP Ruba Husari, experte du pétrole irakien.

Bagdad "présente ceci comme une question de souveraineté", a-t-elle ajouté.

sk/sbh/gk