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10/10/2017 00:55 EDT | Actualisé 10/10/2017 01:20 EDT

Les fonctionnaires français mobilisés contre les projets du gouvernement

Les fonctionnaires français se mobilisaient en nombre mardi pour protester contre le gel de leur salaires et les réductions d'effectifs prévus par le gouvernement, nouveau front contre Emmanuel Macron qui pour l'instant ne cède pas face aux contestations.

Après les récentes manifestations contre les ordonnances réformant le droit du travail, celles des retraités ou encore des chauffeurs routiers, c'est la fonction publique, qui représente une part importante de l'activité en France, qui se mobilise contre les suppressions de postes annoncées, le gel des rémunérations, ou encore la remise en cause de leur statut.

"Il y a une mobilisation importante (...) Il faut entendre ces inquiétudes", a déclaré mardi sur la chaîne France 2 le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner, pour qui néanmoins les craintes sur le pouvoir d'achat ne sont pas légitimes.

Pour la première fois depuis dix ans, les syndicats de fonctionnaires ont appelé tous ensemble les 5,4 millions d'agents du service public, des infirmières aux instituteurs, à se mobiliser. Près de 130 manifestations et rassemblements sont prévus à travers le pays selon les syndicats.

Cette grève des fonctionnaires, qui représentent environ 20% de l'emploi en France, se traduisait mardi par des fermetures de crèches, d'établissements scolaires et de nombreux autres services publics.

A Marseille, dans le sud-est de la France, les trois-quart des cantines étaient fermées et 80% des crèches, selon la mairie.

Dans le ciel, 30% des vols ont été annulés préventivement en raison de la grève des agents de l'Aviation civile, qui emploie majoritairement des fonctionnaires.

- 'Malaise profond' -

Fait inédit depuis 2009, une dizaine de syndicats de praticiens hospitaliers (médecins, pharmaciens, dentistes) se sont joints à l'appel du secteur paramédical (infirmiers, aides-soignants).

Le Premier ministre Edouard Philippe a dit lundi "assumer pleinement les mesures prises", assurant que les fonctionnaires n'étaient "pas du tout déconsidérés" et "même essentiels dans le fonctionnement de notre pays".

"Le gouvernement ne semble pas avoir pris la mesure du malaise profond qui touche les fonctionnaires", a estimé au contraire Laurent Berger, leader du syndicat CFDT et pas le plus virulent contre le gouvernement, dans une interview aux Echos.

"Les agents souffrent de n'être vus que comme un poids budgétaire et non pas comme une richesse", selon lui.

Une opinion partagée par Frédéric Dabi de l'institut de sondage Ifop: "les fonctionnaires ont le sentiment qu'ils sont stigmatisés et qu'ils font les frais de la politique du gouvernement".

"Aucun agent public ne verra son salaire baisser", a promis mardi le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin, en annonçant qu'il recevrait le 16 octobre les syndicats de fonctionnaires.

Cette journée d'actions vient s'ajouter aux divers mouvement de colère qui ont surgi ces dernières semaines contre les projets du gouvernement, sans parvenir à contraindre pour l'instant ce dernier à revoir fondamentalement sa copie.

Hormis la mobilisation des chauffeurs routiers, ni les manifestations contre les ordonnances réformant le droit du travail, ni les protestations des retraités contre la pression fiscale n'ont été couronnées de succès.

Lundi soir, pour la première fois depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron à la présidence, tous les syndicats nationaux se sont réunis près de Paris pour tenter d'accorder leurs violons afin de faire pression sur le gouvernement, mais les divergences demeurent très fortes. Une nouvelle réunion est prévue le 24 octobre.

"Il n'y avait pas de vision commune des actions à mener pour peser sur les événements en cours ou futurs", a déclaré une responsable de la CFDT, Véronique Descacq, à l'issue de la réunion.

Pourtant, plusieurs syndicats voient leur base demander des actions plus fermes, et la pression générale semble monter.

Selon un sondage Harris Interactive diffusé lundi, près de six Français sur dix (57%) déclarent soutenir les grèves et les manifestations contre les ordonnances réformant le Code du travail, auxquelles ils sont de plus en plus défavorables.

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