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10/10/2017 02:40 EDT | Actualisé 10/10/2017 03:00 EDT

Foot/corruption: Jérôme Valcke remonte au créneau devant le TAS

L'ancien secrétaire général de la Fifa, le Français Jérome Valcke, fera le déplacement mercredi à Lausanne pour contester devant le Tribunal arbitral du sport sa suspension de dix ans infligée par la justice interne de l'instance mondiale du football.

Mis en cause dans une affaire de revente de billets du Mondial-2014 et accusé par la Fifa d'avoir également utilisé des jets privés à des fins personnelles, l'ancien directeur du marketing puis secrétaire général de la Fifa avait été condamné le 16 février 2016, en première instance par la commission d'éthique de la Fifa à 12 ans de suspension de toute activité liée au football, une peine ensuite réduite en appel à 10 ans.

Employé par la Fifa de 2003 à 2016, l'ancien bras droit du patron déchu de la Fifa Joseph Blatter, lui aussi suspendu (8 ans réduits à 6 ans en appel), avait été relevé de ses fonctions le 17 septembre 2015, mis en cause par l'ex-footballeur israélien Benny Alon dans une affaire de revente de billets du Mondial-2014, avant d'être limogé le 14 janvier 2016.

La commission d'éthique de la Fifa l'accuse aussi d'avoir tenté de commercialiser des droits de retransmission télévisée à des prix inférieurs à leur valeur et d'avoir détruit des preuves.

Ancien journaliste à Canal+, M. Valcke, qui touchait à la Fifa un salaire annuel estimé à 1,9 M EUR, est également visé par une procédure judiciaire ouverte en mars 2016 par la justice suisse notamment pour son implication dans ce système de revente de billets.

- 'Effort coordonné d'enrichissement personnel' -

La Fifa accuse également Blatter, Valcke et l'ancien secrétaire général adjoint Markus Kattner, de s'être partagés 80 millions de dollars en bonus et primes, "dans un effort coordonné d'enrichissement personnel".

"Contrairement à M. Blatter, M. Valcke était un salarié de la Fifa et à ce titre il a déjà été sanctionné en étant mis à pied. On ne peut lui infliger une deuxième sanction sous la forme d'une interdiction de travailler, qui est inconnue du droit du travail suisse", a indiqué à l'AFP l'avocat marseillais Stéphane Ceccaldi, l'un de ses défenseurs qui réclamera ainsi l'annulation de l'interdiction de toute activité liée au football qui s'applique à M. Valcke.

De plus, ajoute M. Ceccaldi, "les quatre voyages en jets privés", dont l'un en compagnie de sa famille au Taj Mahal, "ont été signés et validés" par les organes compétents de la Fifa.

Enfin, ajoute l'avocat, la commission d'éthique de la Fifa ne pouvait sanctionner M. Valcke pour "non-coopération avec les enquêteurs", car "cela va à l'encontre du droit fondamental de ne pas participer à la construction d'un dossier contre soi-même".

Si le TAS ne déjuge pas la Fifa, il est probable que M. Valcke saisira ensuite le Tribunal fédéral suisse, voire la Cour européenne des droits de l'Homme, selon son avocat.

Valcke qui a désormais quitté la Suisse, a ouvert une société spécialisée dans l'événementiel à côté de Barcelone. Il a créé début 2017 avec son épouse la société OMV Frontline, spécialisée dans l'organisation d'événements "à caractère sportif, artistique et liés à la mode".

ebe/fbr/chc

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