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10/10/2017 05:58 EDT | Actualisé 10/10/2017 06:20 EDT

Espagne: les principaux protagonistes de la crise catalane

Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy, le dirigeant catalan Carles Puigdemont ou la maire de Barcelone Ada Colau: voici les principaux protagonistes du bras de fer qui oppose Madrid aux séparatistes catalans.

- Mariano Rajoy -

Le patron du Parti populaire (PP, conservateur) Mariano Rajoy, 62 ans, est chef du gouvernement espagnol depuis 2011. Depuis les législatives de 2016, il dirige un gouvernement de minorité avec Ciudadanos (Citoyens, en espagnol), un parti libéral né en Catalogne pour lutter contre le séparatisme.

En Catalogne, le PP n'est que la cinquième force politique. Il n'a obtenu que 13% des voix aux élections régionales de 2015 et ne détient qu'une seule mairie.

M. Rajoy a mené bataille contre le Statut d'autonomie de la Catalogne. Approuvé en 2006, le Statut donnait des compétences élargies aux autorités régionales et conférait à la Catalogne le statut de "nation". Saisie par le PP, la Cour constitutionnelle l'a partiellement annulé en 2010, ce qui a provoqué la colère de nombreux Catalans.

Ses détracteurs accusent Mariano Rajoy d'avoir laissé la question catalane pourrir et d'avoir ainsi alimenté l'indépendantisme.

Au coeur de la crise avec Barcelone, le chef du gouvernement est farouchement opposé à tout référendum, même légal, car il estime ce processus contraire à la Constitution.

- Carles Puigdemont -

Ancien journaliste de 54 ans, Carles Puigdemont milite pour l'indépendance de la Catalogne depuis son plus jeune âge. Il a été propulsé en janvier 2016 à la présidence de sa région, quand la composante d'extrême gauche de la coalition indépendantiste a exigé le départ de son prédécesseur, accusé d'avoir mené une politique d'austérité.

Sa détermination à déclarer unilatéralement l'indépendance de la Catalogne ne semble pas entamée par la pression des milieux économiques et du gouvernement espagnol, au risque d'être arrêté par la police.

Il fait l'objet d'une enquête pour "désobéissance", "prévarication" et "malversation de deniers publics" pour l'organisation du "référendum" d'autodétermination organisé le 1er octobre et que la justice espagnole avait interdit.

- Oriol Junqueras -

Oriol Junqueras, 48 ans, est président de parti Gauche républicaine de Catalogne (ERC), qui réclame l'indépendance depuis 1931.

Député européen de 2009 à 2011, il a dirigé l'opposition au parlement régional avant de devenir, en janvier 2016, le vice-président du gouvernement de Carles Puigdemont.

Ce professeur d'histoire à l'université est visé par une enquête pour "désobéissance", "prévarication" et "malversation de deniers publics" pour l'organisation de la consultation du 1er octobre.

- Carme Forcadell -

Ex-figure de proue de manifestations géantes pour l'indépendance de la Catalogne, Carme Forcadell préside depuis octobre 2015 le Parlement régional catalan où les partis séparatistes sont majoritaires en sièges mais pas en voix (47,6%).

Elle a été vivement critiquée en septembre quand le parlement catalan a adopté en urgence, et quasiment sans débat, deux lois aussitôt suspendues par la Cour constitutionnelle, pour organiser le référendum et les contours de l'indépendance, puis pour avoir été manifester devant un tribunal de Barcelone où comparaissaient des fonctionnaires arrêtés pour leur rôle dans l'organisation du référendum.

Elle aussi est visée par une enquête pour "désobéissance", "prévarication" et "malversation de deniers publics".

- Soraya Saenz de Santamaria -

Vice-cheffe du gouvernement espagnol, Soraya Saenz de Santamaria, 46 ans, est le bras droit de M. Rajoy qui lui a confié le très sensible portefeuille des Administrations territoriales.

Le dialogue qu'elle était censée engager avec les indépendantistes catalans n'a pas abouti. Le gouvernement a promis 4,2 milliards d'euros d'investissement à la Catalogne d'ici 2020 mais l'offre a été jugée insuffisante et trop tardive dans une région qui réclame plus de pouvoir.

- Ada Colau -

Ada Colau, 43 ans, n'avait pas fait de politique avant d'être élue maire de Barcelone en 2015. Elle s'était fait connaître en luttant contre les expulsions de familles surendettées.

Assurant n'avoir "jamais été indépendantiste", elle demande un référendum d'autodétermination en bonne et due forme, et fait valoir que les séparatistes ne pourront pas proclamer "tous seuls" une indépendance que personne ne leur reconnaîtrait.

Elle a permis au gouvernement régional d'ouvrir des bureaux de vote dans sa ville de 1,6 million d'habitants, évitant de violer elle-même l'interdiction de la justice.

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