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10/10/2017 07:44 EDT | Actualisé 10/10/2017 08:00 EDT

Catalogne : l'Espagne vit l'un de ses "moments les plus difficiles" (gouvernement)

Le numéro deux du gouvernement espagnol a souligné mardi que l'Espagne vivait l'un de ses "moments les plus difficiles", au cours d'une séance houleuse au Sénat pendant laquelle un élu a crié "Vive la Catalogne libre !".

S'exprimant juste avant une possible déclaration unilatérale d'indépendance du président séparatiste de cette région Carles Puigdemont, la vice-présidente du gouvernement, la conservatrice Soraya Saenz de Santamaria, a par ailleurs écarté toute médiation internationale, telle que souhaitée par M. Puigdemont, pour sortir de l'impasse dans laquelle se trouvent Madrid et le gouvernement catalan.

"Il n'y a pas de place pour la médiation entre la légalité et l'illégalité, entre la loi et la désobéissance, entre la démocratie et la tyrannie", s'est-elle exclamée, jugeant que le royaume, plongé sa plus grave crise depuis le rétablissement il y a quarante ans de la démocratie, connaît "l'un des moments les plus importants et les plus difficiles".

Soraya Saenz de Santamaria répondait au sénateur catalan nationaliste Josep Lluis Cleries, qui a terminé son plaidoyer en faveur de l'indépendance de sa région en s'exclamant : "Visca Catalunya lliure !" ("Vive la Catalogne libre !", en catalan).

Le gouvernement espagnol juge nul et non avenu le "référendum" d'indépendance, interdit par la justice, qu'ont organisé les dirigeants catalans le 1er octobre et qui s'est soldé, selon eux, par une victoire du "oui" à plus de 90% avec 43% de participation.

C'est sur la base de cette consultation que M. Puigdemont pourrait proclamer mardi l'indépendance dans un discours au Parlement catalan prévu pour 18h00 (16h00 GMT).

Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a prévenu qu'en cas de déclaration unilatérale d'indépendance, quelle qu'elle soit, l'Etat riposterait. Il a à sa disposition plusieurs instruments, allant d'un pré-état d'urgence à la suspension de l'autonomie, une mesure qui n'a pas été appliquée dans cette monarchie parlementaire extrêmement décentralisée depuis 1977 et le retour à la démocratie.

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