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06/10/2017 13:23 EDT | Actualisé 06/10/2017 13:40 EDT

Turquie: un homme soupçonné d'avoir tué une opposante syrienne et sa fille écroué

Un homme soupçonné d'avoir assassiné une militante syrienne de l'opposition et sa fille journaliste, retrouvées mortes poignardées à leur domicile d'Istanbul, a été écroué vendredi soir, selon l'agence progouvernementale Anadolu.

L'homme, arrêté samedi dernier, a avoué avoir assassiné Aroubeh Barakat, âgée de 60 ans, et sa fille de 22 ans, Halla Barakat, selon Anadolu.

L'agence privée Dogan l'identifie comme étant Ahmet Barakat, un parent des deux femmes retrouvées mortes le 21 septembre au soir.

"C'est moi qui ai tué Aroubeh et Halla Barakat", a-t-il déclaré aux autorités selon Anadolu. "Aroubeh est la fille de l'oncle de mon père".

Expliquant s'être rendu auprès d'Aroubeh Barakat lorsqu'il a quitté la Syrie, Ahmet Barakat a expliqué que la militante l'avait aidé à trouver un travail en Turquie.

Il s'est rendu un soir chez Aroubeh pour récupérer son salaire et a passé la nuit chez elle. Au matin, lorsqu'elle lui annoncé qu'elle n'avait pas l'argent, l'homme s'est emparé d'un couteau de cuisine et l'a poignardée, avant de tuer sa fille également présente dans l'appartement, selon son récit rapporté par Anadolu.

D'après sa soeur Shaza, Aroubeh Barakat s'était opposée dès les années 1980 au pouvoir syrien, d'abord à Hafez al-Assad, puis à son fils Bachar qui lui a succédé en 2000.

Halla Barakat, qui avait la nationalité américaine, travaillait pour le site d'information Orient News, et avait également été employée par la chaîne anglophone de la télévision publique turque (TRT).

Dans un hommage rendu aux deux femmes après la découverte de leurs corps, la Coalition nationale de l'opposition syrienne, basée à Istanbul, avait dénoncé "un assassinat atroce" imputé à "la main du terrorisme et de la tyrannie", une allusion au régime d'Assad.

Depuis le début du conflit en Syrie en mars 2011, 3,2 millions de Syriens ont trouvé refuge en Turquie, selon les chiffres du gouvernement. Parmi eux, beaucoup sont des opposants au président Bachar al-Assad.

De nombreux opposants et journalistes syriens réfugiés en Turquie ont fait état de menaces de mort à leur encontre.

En 2015, deux journalistes syriens originaires de la ville de Raqa, bastion du groupe Etat islamique dans le nord de la Syrie, avaient été égorgés dans le sud de la Turquie.

lsb/lpt