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06/10/2017 02:19 EDT | Actualisé 06/10/2017 02:40 EDT

Mondiaux-2018/qualifications - En Andorre, Ronaldo "a casa"

"Ils vont être comme à la maison". Samedi (20h45), Ronaldo & co se sentiront plus à Lisbonne qu'à l'extérieur dans le petit stade d'Andorre-la-Vieille teinté aux couleurs de la Seleçao par la très forte communauté portugaise vivant dans la petite principauté pyrénéenne.

Depuis le tirage au sort des qualifications pour le Mondial-2018, les plus de 11.000 Portugais vivant en Andorre ont coché la date dans leur calendrier. Et les 3.300 places de l'Estadi Nacional n'ont eu aucun mal à trouver preneurs.

"C'est la première fois que la Seleçao vient ici, ça va être une fête !", se réjouit le consul honoraire du Portugal en Andorre, José Manuel da Silva, qui a acheté pour l'occasion un maillot du Portugal lors de ses vacances estivales au pays.

Une fête telle que Ronaldo et ses coéquipiers, qui joueront mardi une probable "finale" du groupe B contre la Suisse à Lisbonne, auront déjà l'impression de jouer à domicile dans le petit Etat niché entre la France et l'Espagne.

"Je crois qu'ils vont être comme à la maison, il n'y aura pas trop d'Andorrans", sourit le consul, impatient de croiser la superstar planétaire du Real Madrid.

- Des bras pour la construction -

Comme des milliers de Portugais, José Manuel da Silva, qui vit depuis trente ans en Andorre où il possède plusieurs pâtisseries, y a immigré alors que la principauté, en plein boom économique, avait besoin de bras.

"L'Andorre a eu une nécessité urgente de personnes pour la construction. Pensez qu'en 1970, au Pas-de-la-Case", station frontalière avec l'Hexagone où défilent skieurs et Français en quête de cigarettes ou d'alcool à des prix défiant toute concurrence, "il n'y avait que trois maisons", souligne David Borges, représentant de la communauté portugaise en Andorre.

Arrivés en Andorre pour travailler dans le BTP ou le nettoyage, les Portugais sont aujourd'hui aussi très implantés dans le commerce. Comme Maria da Conceiçao de Almeida Martins, propriétaire d'un magasin d'alimentation portugaise, venue "à 24 ans pour avoir une vie meilleure car je n'avais pas de travail".

Bien intégrée, leur communauté, qui a compté jusqu'à 16.000 membres avant la dernière crise, représente 14% d'une population andorrane d'environ 85.000 personnes. Soit, en pourcentage, la communauté portugaise la plus importante du monde après celle du Luxembourg (16% de la population du Grand-duché). Elle est par ailleurs la deuxième communauté étrangère en Andorre derrière les Espagnols.

Passionnés de ballon rond, les Portugais d'Andorre ont inévitablement créé leur club. Né en 1999 après un match amical entre membres de la communauté, le FC Lusitanos "a commencé en deuxième division andorrane avant de devenir l'un des clubs plus importants du pays", raconte avec fierté son président Antonio da Silva Cerqueira.

Dans le minuscule siège du club, sacré champion d'Andorre en 2012 et 2013, une photo dédicacée de Ronaldo ou une autre du président aux côtés de Luis Figo trônent sur les étagères au milieu de trophées et de fanions souvenirs des rencontres des Lusitanos en tour préliminaire de C1 et de C3 contre West Ham ou le FC La Valette.

Et voir aujourd'hui CR7 en Andorre, "c'est une occasion unique", lance Antonio da Silva Cerqueira, certain que le stade sera "à 90% aux couleurs du Portugal".

- Le Portugal, 'l'équipe du coeur' -

Car même si les Portugais sont devenus une "partie intégrante de la nation andorrane", selon le consul, quand il s'agit de foot, pas de place au doute entre le pays d'origine et celui d'adoption.

"L'équipe du coeur, c'est celle des parents", tranche David Borges. D'autant plus quand elle est championne d'Europe en titre et que celle d'Andorre n'avait pas gagné de match officiel depuis treize ans quand elle a battu la Hongrie (1-0) en juin...

Diplomate, le représentant des Portugais suivra ce "match symbole d'amitié" au milieu des supporters andorrans. Mais avec un maillot portugais sur les épaules.

Le fils du consul, né en Andorre, soutiendra lui son pays de naissance. "Il m'a dit, vu que tu supportes le Portugal, je vais soutenir l'Andorre, c'est mon pays aussi", raconte José Manuel da Silva. Avant de conclure dans un sourire: "mais je crois qu'il n'a pas beaucoup de chances de gagner...".

mg/chc