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06/10/2017 02:50 EDT | Actualisé 06/10/2017 03:00 EDT

Mondial-2018/Nigeria - Gernot Rohr à l'AFP: "Cela paraît bien parti mais ce n'est pas fait"

"Cela paraît bien parti mais ce n'est pas fait", prévient dans un entretien à l'AFP Gernot Rohr, sélectionneur franco-allemand du Nigeria, en ballottage très favorable pour décrocher le premier ticket de la zone Afrique pour le Mondial-2018.

Q: Une victoire suffit contre la Zambie pour vous qualifier pour le Mondial-2018. Vous avez déjà un pied en Russie ?

R: "Cela paraît bien parti mais ce n'est pas fait ! On se méfie vraiment parce que cette équipe là a de la qualité. On ne va pas les sous-estimer, ça c'est certain. On les prend très au sérieux pour qu'il n'y ait justement pas d'accident. La Zambie a beaucoup évolué, elle a une équipe rajeunie qui est de très bonne qualité. J'ai revu à la vidéo les deux matches contre l'Algérie, c'est loin d'être gagné."

Q: Le Nigeria a connu justement un accident en ne se qualifiant pas pour la CAN-2017. Qu'avez-vous mis en place depuis votre arrivée l'an dernier pour que les "Super Eagles" reviennent au plus haut niveau ?

R: "J'ai mis en place un nouveau staff, j'ai favorisé l'arrivée de jeunes joueurs (Alex Iwobi, Kelechi Ihenacho, ... NDLR) qui pouvaient amener un bon état d'esprit mais aussi des qualités physiques, techniques. Il fallait aussi de l'expérience. Elle est revenue avec le capitaine (John Obi) Mikel, (Leon) Balogun, Victor Moses notamment. Un joueur-clé par ligne. Cela nous a permis de redevenir une équipe homogène. On a été vraiment à la hauteur depuis quelques temps. Mais au début, il faut dire aussi qu'il y avait beaucoup de choses à faire, mettre en place une nouvelle philosophie, une certaine discipline, le respect de chacun, la solidarité. C'est ce qui nous a servi pour faire un parcours jusque-là énorme."

Q: Vous étiez pourtant dans "le groupe de la mort" avec l'Algérie, 8e de finaliste du dernier Mondial, et le Cameroun, sacré champion d'Afrique 2017. Qu'est-ce qui a fait la différence ?

R: "On s'attendait à ce que les deux équipes se mêlent jusqu'au bout à la lutte. Je crois que l'Algérie a manqué de valeur collective, de stabilité aussi avec tous ces changements d'entraîneurs. Elle a pourtant de grands joueurs mais l'équipe ne s'est pas formée. Je ne suis pas dedans pour pouvoir dire pourquoi, je constate seulement. Je n'ai pas vu une vraie équipe dans le sens premier du terme. Le Cameroun a eu quand même beaucoup de matches, ils sont devenus pratiquement comme un club. Peut-être qu'ils se sont sentis trop forts... Il faut digérer les victoires comme (la CAN-2017), on sait que c'est difficile. Le Nigeria l'a vécu aussi (en 2013)."

Q: Votre capitaine John Obi Mikel a affiché une forme éblouissante dans ces éliminatoires alors qu'il a été placardisé à Chelsea avant de partir en Chine. Comment l'expliquez-vous ?

R: "Il a été écarté plus ou moins à Chelsea parce qu'il avait fait les JO-2016 (à Rio de Janeiro) contre l'avis de ses dirigeants. Il a manqué tout le début de la saison (dernière), l'équipe tournait bien et il n'a plus retrouvé sa place. Il avait fait beaucoup de matches aux Jeux, jusqu'à décrocher la 3e place. En revenant je l'ai vu, il a toujours été présent. Parfois il y a des cas où, pour les joueurs qui ne jouent pas dans leur clubs, on ne peut pas dire systématiquement: +On ne les prend pas+ parce qu'il y a d'autres influences, le leadership, l'expérience. C'était pour lui la preuve que même si on ne joue pas en club, on peut être performant en équipe nationale."

Q: Une qualification pour le Mondial serait pour vous la consécration de votre carrière ?

R: "Une Coupe du monde, ce n'est pas rien ! J'ai vécu une demi-finale de Coupe d'Europe (en 1996, avec Bordeaux, NDLR), j'ai entraîné des joueurs qui sont devenus champions du monde (Zinédine Zidane, Christophe Dugarry, Bixente Lizarazu, NDLR) donc je connais le niveau. Mais y aller, ça me ferait plaisir. Mais d'abord il faut se qualifier."

Propos à l'AFP recueillis par Yassine KHIRI.

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