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06/10/2017 15:28 EDT | Actualisé 06/10/2017 19:57 EDT

Le prix Nobel de la paix 2017 est décerné à un groupe antinucléaire

OSLO — L'organisme Campagne internationale pour l'abolition des armes nucléaires (ICAN), basé à Genève, en Suisse, reçoit le prix Nobel de la paix de 2017.

Le comité Nobel rend hommage au groupe pour son travail visant à attirer l'attention sur les conséquences humanitaires catastrophiques de l'usage d'armes nucléaires et ses efforts pour la signature d’un traité interdisant les armes nucléaires.

Le prix d'une valeur de 1,1 million $ US est remis à un moment où les tensions sont à la hausse relativement au développement agressif d'armes nucléaires par la Corée du Nord et aux critiques persistantes du président américain Donald Trump envers l'entente visant à mettre fin au programme nucléaire de l'Iran.

Le comité Nobel souhaitait «envoyer un signal à la Corée du Nord et aux États-Unis leur indiquant qu'ils doivent amorcer des négociations», croit Oeivind Stenersen, historien du prix Nobel de la paix. «Le prix est également un appui codé à l'accord sur le nucléaire iranien. Je crois que c'est brillant, parce que reconnaître l'accord en lui-même aurait pu être perçu comme un appui envers l'état iranien.»

L'ICAN est un rassemblement d'organismes non gouvernementaux (ONG) issus de plus de 100 pays. L'organisme a activement fait campagne pour le Traité sur l'interdiction des armes nucléaires adopté par les Nations unies en juillet, mais qui doit être ratifié par 50 pays. Seuls trois pays l'ont fait jusqu'à maintenant.

Par communiqué, la Maison-Blanche a déclaré que «l'annonce d'aujourd'hui ne change pas la position des États-Unis sur le traité: les États-Unis n'appuient pas et ne signeront pas le traité», qu'ils jugent contre-productif.

Les autorités américaines ont aussi tenu à souligner «une détérioration globale du contexte de sécurité et les capacités grandissantes de certains États.»

«Ce traité ne pacifiera pas le monde, ne donnera pas lieu à l'élimination d'une seule arme nucléaire et ne consolidera pas la sécurité de quelque État que ce soit», peut-on lire dans leur communiqué.

Le prix «envoie un message à tous les États possédant des armes nucléaires et tous les États qui continuent de s'appuyer sur les armes nucléaires pour leur sécurité qu'il s'agit là d'un comportement inacceptable. Nous n'allons pas l'appuyer, nous n'allons pas l'excuser, nous ne pouvons menacer de massacrer sans discrimination des centaines de milliers de civils au nom de la sécurité. Ce n'est pas de cette façon que l'on construit une sécurité», a déclaré la directrice générale de l'ICAN, Beatrice Fihn, à Genève.

Mme Fihn a admis avoir d'abord cru à une blague lorsqu'elle a reçu l'appel du comité Nobel quelques minutes avant l'annonce officielle. Elle dit ne pas l'avoir cru avant de voir le nom de l'organisation à la télévision.

«Nous tentons d'envoyer un signal clair voulant que tous les États ayant des armes nucléaires — la Corée du Nord, les États-Unis, la Russie, la Chine, la France, le Royaume-Uni, Israël, tous, l'Inde, le Pakistan — il est inacceptable de menacer de tuer des civils», a-t-elle réitéré.

Les candidatures de 215 personnes et de 103 organisations ont été considérées pour la remise du prix Nobel de la paix cette année.