NOUVELLES
06/10/2017 07:03 EDT | Actualisé 06/10/2017 07:20 EDT

Crimes de guerre: un suspect serbe vivant en France, inculpé en Bosnie

Le parquet bosnien pour crimes de guerre a inculpé vendredi un Serbe bosnien, Radomir Susnjar, qui vit en France et dont l'extradition a été requise par Sarajevo, pour sa participation présumée à un massacre en 1992.

Radomir Susnjar, 62 ans, interpellé en France en 2014 puis libéré sous contrôle judiciaire, est accusé par la justice bosnienne d'avoir participé en juin 1992 à Visegrad, en Bosnie orientale, à l'assassinat d'une cinquantaine de civils bosniaques musulmans.

Avec plusieurs autres militaires ou paramilitaires serbes, il a enfermé 57 personnes, dont des femmes, des enfants et des vieillards, au rez-de-chaussée d'une maison.

"Ils y ont ensuite jeté un engin explosif qui a provoqué un incendie. L'accusé y a jeté une grenade et ils ont tiré avec des armes automatiques dans la direction de la maison pour empêcher ces civils de fuir", lit-on dans un communiqué du parquet.

"Seulement quelques personnes ont réussi à se sauver, alors que les restes des personnes tuées n'ont jamais été retrouvés", selon la même source.

La Bosnie a demandé l'extradition de Susnjar à la France. Il a, de son côté, contesté devant la justice française avoir pris part à ces exactions, en invoquant une confusion avec un homme portant le même patronyme, Milan Susnjar.

En juin 2015, le parquet français avait requis un complément d'enquête.

"Son extradition par la France est attendue et nous espérons qu'elle interviendra rapidement", a déclaré à l'AFP un porte-parole du parquet bosnien, Boris Grubesic.

La guerre de Bosnie a fait environ 100.000 morts. Entre avril et juin 1992, les forces serbes de Bosnie ont tué à Visegrad et dans ses alentours plus de 1.500 civils, selon l'Institut bosnien pour les personnes disparues.

rus/mr