NOUVELLES
06/10/2017 05:55 EDT | Actualisé 06/10/2017 06:00 EDT

10 ans de prison requis contre la mère d'un jihadiste, partie 3 fois en Syrie

Le Parquet a requis vendredi à Paris dix ans de prison assortis d'une période de sûreté des deux tiers, la peine maximale, contre la mère fusionnelle d'un jeune Français devenu "émir" dans les rangs des jihadistes, partie en Syrie trois fois en 2013 et 2014.

Poursuivie pour association de malfaiteurs en vue de la préparation d'actes terroristes devant le tribunal correctionnel de Paris, Christine Rivière, 51 ans a, selon le ministère public, pleinement adhéré à l'idéologie fanatique du groupe État islamique (EI), fourni à son fils, Tyler Vilus, subsides et femmes, et cherché à former avec lui, jusque dans le martyr, "un couple d'immortels".

"La mère et le fils sont persuadés de pouvoir acquérir l'immortalité auprès d'Allah en combattant, +en faisant la guerre+ pour le dire avec les mots de Christine Rivière", a lancé le procureur, avant de décrire une femme qui n'a cessé de vouloir maintenir son plus jeune fils, Tyler Vilus, dans sa "dépendance".

Pour le Parquet, elle a "fait de son fils un fusil" et "a été la mère maquerelle du jihad", celle qui fournit des épouses aux soldats de l'EI, à l'image de cette jeune Belge qui deviendra la première épouse de Tyler.

Christine Rivière a été interpellée le 2 juillet 2014, au domicile de son aîné, Leroy, alors qu'elle s'apprêtait à repartir en Syrie après trois précédents voyages. Le cadet, Tyler, est arrêté un an plus tard en Turquie et extradé en France. Son dossier est toujours à l'instruction.

A l'audience, Christine Rivière a contesté avoir apporté un soutien à l'organisation jihadiste ou avoir elle-même combattu en Syrie, même si des photos d'elle en armes ont été retrouvées ou si elle a publié des images de décapitation sur Facebook pour, a-t-elle dit, "montrer la réalité de qui se fait là-bas".

Cette mère convertie par son fils a assuré avoir trouvé une forme d'apaisement dans l'islam, un cadre et un nouveau "point commun" avec son fils cadet, qu'elle a surprotégé car il avait la maladie de Crohn.

Son avocat, Thomas Klotz, a décrit une femme incapable de faire face à ce chaos, en mal de repères, ayant des connaissances très sommaires de l'islam.

La "juste peine" pour cette "inconnue" qui n'a "décidé de rien", "jamais pris l'initiative de recruter" serait "de 6 à 8 ans", pour l'avocat.

Le jugement est attendu dans l'après-midi de vendredi.

sb/blb/jg/jh