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05/10/2017 05:53 EDT | Actualisé 05/10/2017 06:00 EDT

Syrie: Le CICR déplore le "plus fort pic" de violence depuis la bataille d'Alep

Le Comité international de la Croix-Rouge s'est dit jeudi "préoccupé" par les centaines de civils tués en Syrie et les milliers de nouveaux déplacés, alors que le pays connaît son "plus fort pic" de violence depuis la bataille d'Alep.

Dans un communiqué, le CICR, "préoccupé par les premiers bilans qui font état de centaines de civils tués et de destructions d'écoles et d'hôpitaux", indique que les combats ont atteint "un degré d'intensité jamais vu" depuis janvier.

"Globalement, il s'agit du plus fort pic de violence depuis la bataille d'Alep en 2016", a-t-il estimé.

Outre les forces du régime, une alliance de combattants arabes et kurdes, appuyée par les avions de la coalition internationale menée par Washington, mène actuellement une offensive contre les jihadistes dans la province de Deir Ezzor, sur la rive est de l'Euphrate.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), des centaines de civils ont péri dans les offensives contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI) à Deir Ezzor et à Raqa, une ville plus au nord-ouest, théâtre d'une offensive de l'alliance arabo-kurde.

Selon le CICR, "de plus en plus d'hommes, de femmes et d'enfants fuient la violence des opérations militaires". L'organisation estime qu'il en arrive chaque jour "plus d'un millier" dans certains camps installés autour de Raqa et de Deir Ezzor.

"Depuis deux semaines, nous assistons à une intensification alarmante des opérations militaires qui a entraîné la mort de nombreux civils", a déclaré Marianne Gasser, à la tête de la délégation du CICR en Syrie.

"Les histoires que relatent mes collègues sont bouleversantes, comme celle de cette famille de 13 personnes qui a perdu 10 de ses membres, tués dans des attaques aériennes ou par des engins explosifs alors qu'ils fuyaient Deir Ezzor pour se mettre en sécurité", a-t-elle ajouté.

Raqqa, Deir Ezzor et la région rurale située à l'ouest d'Alep ne sont pas les seules à connaître un regain de violence. De nombreuses zones de désescalade sont également touchées, notamment Idleb, la région rurale de Hama et la Ghouta orientale, note le CICR.

Les affrontements qui ont eu lieu ces dix derniers jours ont endommagé pas moins de dix hôpitaux, "empêchant des centaines de milliers de personnes d'accéder aux soins de santé les plus élémentaires", indique l'organisation basée à Genève.

Déclenché en 2011 par la répression gouvernementale de manifestations pacifiques, le conflit en Syrie s'est complexifié avec l'implication de pays étrangers et de groupes jihadistes, sur un territoire de plus en plus morcelé. Il a fait plus de 330.000 morts selon l'OSDH, et des millions de déplacés et réfugiés.

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