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05/10/2017 00:53 EDT | Actualisé 05/10/2017 01:00 EDT

Perquisitions au mouvement de l'opposant en exil Khodorkovski

Des perquisitions étaient en cours jeudi dans les locaux du mouvement politique Open Russia et les appartements de plusieurs de ses employés, a annoncé sur son site internet cette organisation financée par l'opposant en exil et ex-oligarque Mikhaïl Khodorkovski.

Jeudi matin, "un groupe d'enquêteurs s'est rendu à la rédaction d'Open Russia", a déclaré l'organisation sur son site, où elle dénonce régulièrement des violations des droits de l'homme en Russie.

Un autre local et les appartements d'au moins six employés d'Open Russia (Russie Ouverte) ont également été perquisitionnés, a indiqué le mouvement.

Open Russia a été fondé en septembre 2014 par Mikhaïl Khodorkovski, ancien oligarque à la tête de l'ex-géant pétrolier Ioukos. Arrêté en 2003, il a passé près de dix ans en prison pour "vol par escroquerie à grande échelle" et "évasion fiscale" avant d'être gracié en 2013 par Vladimir Poutine. Il vit désormais en Europe.

Ces perquisitions sont liées à l'enquête sur "les anciens principaux actionnaires et dirigeants de Ioukos ayant volé du pétrole auprès des filiales de Ioukos, ayant détourné des actions et des fonds et ayant blanchi ces moyens financiers", a indiqué dans un communiqué le Comité d'enquête russe.

"Des perquisitions liées à l'affaire Ioukos sont menées depuis 2003. J'étais alors en 8e classe" et âgé de 14 à 15 ans, a remarqué sur Twitter Alexandre Soloviev, l'un des employés dont l'appartement a été perquisitionné.

La dernière série de perquisitions en date avait été menée en février. Selon le mouvement, les policiers avaient saisi de l'équipement typographique et environ 100.000 tracts portant l'inscription "On en a marre!", imprimés en vue d'une manifestation contre le Kremlin.

L'organisation Open Russia s'est fixé pour objectif de rassembler les forces pro-européennes en Russie en vue de constituer une opposition unifiée à Vladimir Poutine, notamment lors de l'élection présidentielle de mars prochain, auquel le président russe ne s'est pas encore déclaré candidat.

La CEDH, organe judiciaire du Conseil de l'Europe, avait ordonné à la Russie en 2014 de verser 1,9 milliard d'euros aux ex-actionnaires de Ioukos, à titre de dédommagement pour des irrégularités dans la procédure fiscale intentée contre la société en 2000.

Mais la Cour constitutionnelle russe a autorisé en janvier l'Etat russe à ne pas régler ces dédommagements.

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