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05/10/2017 02:53 EDT | Actualisé 05/10/2017 03:00 EDT

Mondial-2018/qualif. - France: Sissoko, le "bon soldat" de Deschamps

"C'est un bon soldat comme on dit et quand je fais appel à lui, je sais qu'il va répondre présent": Une relation de confiance unit Didier Deschamps à Moussa Sissoko, un joueur physique, polyvalent et de retour chez les Bleus pour la dernière ligne droite des qualifications du Mondial-2018.

Le milieu de terrain de Tottenham le sait parfaitement. Il est loin d'être le plus technique de cette équipe de France pleine de jeune talents. Et quand ça tourne mal, c'est souvent sur lui que pleuvent les critiques, comme lors de la défaite en Suède (2-1) où il avait été érigé en symbole de la frilosité défensive de Deschamps.

Mais à 28 ans, l'ancien joueur de Toulouse (2007-2013) a une solide expérience chez les Bleus: 52 sélections et un Euro-2016 exemplaire, jusqu'à la finale contre le Portugal où il fut sans doute le meilleur joueur côté français, malgré la défaite (1-0 après prolongation).

A l'époque, le regard sur lui avait changé, disait-il. Mais comme un refrain lancinant, les remises en question ont refait surface, au gré d'un passage laborieux de Newcastle (2013-2016) à Tottenham, avec 8 titularisations seulement en Premier League la saison dernière.

- 'La roue a tourné !' -

Fidèle à lui même, Sissoko n'a rien lâché, comme il le raconte dans le quotidien sportif L'Equipe: "Ces moments délicats m'ont permis de me poser les bonnes questions, de bien réfléchir, de travailler encore plus et de rebondir. Aujourd'hui, la roue a tourné !", se félicite le joueur des Spurs.

Contre Huddersfield samedi (4-0), il a marqué son premier but avec le club londonien, une "libération" après une si longue attente. Et le couronnement d'un début de saison convaincant, au cours duquel il a été titularisé cinq fois (en sept matches) et qui lui a permis d'être à nouveau convoqué chez les Bleus après avoir manqué le précédent rassemblement.

"Il a retrouvé du temps de jeu, c'est bien. Il est performant. Qu'il ait pu marquer c'est bien pour lui aussi. Il est dans une situation bien différente d'il y a un mois", soulignait Deschamps en début de semaine.

Jusqu'à le titulariser en Bulgarie ? Pas sûr, même si son profil de bagarreur, tout en impact et en percussion, pourrait correspondre au match "engagé" auquel s'attend le sélectionneur, face à une équipe qui "met beaucoup d'intensité et d'agressivité" à domicile.

Sa capacité à jouer à différents postes, dans l'axe, dans un milieu à trois pour pallier la blessure de Paul Pogba (de toute façon suspendu), ou sur le côté droit en cas de 4-4-2, est aussi un atout.

Engagé, le natif du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) l'a toujours été. Même à l'entraînement, il peut se montrer pugnace. Comme sur ce contact avec Olivier Giroud mardi à Clairefontaine qui n'a guère plu à l'attaquant d'Arsenal.

- 'Catch' -

L'entraîneur-adjoint Guy Stéphan est rapidement intervenu pour calmer le jeu. Puis au sortir du terrain, c'est le taulier Blaise Matuidi qui est venu tancer Sissoko: "Moussa, t'as fait du catch! Pourquoi t'as fait du catch?". "Non non, y a pas faute", a rétorqué le puissant milieu.

Cette hargne, c'est celle d'un joueur de devoir, généreux dans le foot et dans la vie. Sissoko ne manque pas une occasion de rendre hommage à sa ville d'Aulnay-sous-Bois, au quartier de la Rose-des-Vents où il a grandi et au club de l'Espérance aulnaysienne où il a fait ses premiers pas.

En février dernier, il était aussi venu rendre visite à Théo, un jeune homme noir victime d'un viol présumé avec une matraque lors de son interpellation à Aulnay.

Dans un autre registre, il est ambassadeur du projet EuropaCity, prévu pour être bâti à Gonesse, près d'Aulnay. Ce mégacomplexe dédié aux loisirs suscite l'ire des écologistes pour son gigantisme, mais lui y voit l'occasion de changer l'image du territoire, de "redonner de l'espoir aux gens" et des possibilités d'emplois, dit-il à L'Equipe.

Pour l'instant, le soldat Sissoko est attendu par Didier Deschamps. Pas de doute, il fera sans rechigner ce que lui demande son sélectionneur, sur la pelouse ou sur le banc. "Il m'a beaucoup soutenu, même à des moments où ça allait moins bien. Je me dois de tout donner pour lui".

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