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05/10/2017 03:54 EDT | Actualisé 05/10/2017 04:00 EDT

Cambodge : avant les élections, le salaire minimal des ouvriers du textile augmenté

L'homme fort du Cambodge, Hun Sen, a continué jeudi son opération de séduction des ouvriers du textile, en annonçant une hausse de leur salaire minimal, avant les législatives de 2018.

Le ministère du Travail a annoncé jeudi un accord négocié avec les professionnels du secteur sur cette augmentation symbolique, faisant passer le salaire mensuel de 153 à 165 dollars (de moins de 130 à 140 euros) à partir de janvier 2018.

Mais Hun Sen, "qui se soucie toujours du bien-être des employés", a majoré cette somme de cinq dollars, précise le ministère : "Ce qui fait que le salaire minimal dans le textile en 2018 est de 170 dollars (moins de 145 euros) par mois".

Les syndicats ne sont pas dupes de la manoeuvre : "Il y aura bientôt des élections et le gouvernement veut que les ouvriers le soutiennent", analyse Ath Thorn, de la Coalition des syndicats de l'industrie textile du Cambodge.

Hun Sen, qui s'est par ailleurs lancé dans une politique de répression des opposants, redoute la reproduction du scénario de 2013, quand l'opposition, massivement soutenue par les nombreux ouvriers du secteur textile, était descendue dans la rue pour dénoncer les fraudes électorales.

"Je suis content des promesses du Premier ministre. Ma famille et moi voterons pour lui", assure à l'AFP Bo Sorphea, une ouvrière de 25 ans.

Cette année, Hun Sen redouble d'attentions envers les ouvriers de ce secteur clef de l'économie cambodgienne, dont les quelque 740.000 bulletins seront en outre glissés dans les urnes en juillet 2018.

Distribution de billets de banque à des centaines d'ouvrières enceintes, promesse de mise en place d'un système de retraite, accès aux soins et transports gratuits, etc.

Jeudi, le ministère du Travail a également annoncé une allocation transport et logement mensuelle de sept dollars (moins de six euros).

Cette entrée en campagne avant l'heure s'ajoute à une répression contre l'opposition, accrue ces derniers mois, avec l'arrestation de son chef, Kem Sokha, pour "espionnage" et le départ en exil de la moitié des députés de l'opposition.

Les législatives de juillet 2018 sont un test majeur pour Hun Sen, après que l'opposition a réalisé une percée remarquée aux élections municipales de juin au Cambodge, un signe inquiétant pour celui qui est au pouvoir depuis plus de trente ans, depuis la chute des Khmers rouges.

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