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05/10/2017 18:41 EDT | Actualisé 05/10/2017 19:00 EDT

Australie: Une cinquantaine de témoins pourraient être convoqués dans l'enquête Pell

Une cinquantaine de témoins pourraient être appelés en mars pour déterminer si le cardinal australien George Pell doit être jugé pour agressions sexuelles, a indiqué vendredi un tribunal de Melbourne lors d'une audience en présence du numéro trois du Vatican.

Le prélat de 76 ans, l'un des plus proches conseillers du pape François, avait été inculpé fin juin pour "des délits d'agressions sexuelles anciennes", selon la police australienne qui avait fait état de "nombreux plaignants" mais n'avait livré aucune précision sur les faits supposés ni l'âge des victimes présumées.

Lors de la première audience en juillet, l'avocat du cardinal avait déclaré que son client était innocent, et ce même si on ne lui demandait pas à ce stade de la procédure de plaider coupable ou non.

M. Pell n'a fait aucun commentaire lorsqu'il est revenu vendredi au tribunal pour une deuxième audience essentiellement procédurale.

Le tribunal de Melbourne a fixé au 5 mars le début d'une phase de quatre semaines d'audiences à l'issue de laquelle l'accusation devra décider si le dossier est suffisamment solide pour justifier le renvoi du prélat en procès.

Pour des raisons légales, les détails de l'audience ne peuvent être rapportés par la presse. Mais la magistrate Belinda Wallington a annoncé que tous les témoins avaient été jugés recevables à l'exception de cinq, ce qui signifie qu'une cinquantaine pourraient être appelés à la barre.

Lors de sa première apparition en juillet au tribunal de Melbourne, M. Pell n'avait bénéficié d'aucun traitement de faveur eu égard à son rang.

Il avait été contraint de se plier aux contrôles de sécurité et, escorté par des policiers, de fendre une foule de journalistes dans une cohue rare.

Vendredi, il est apparu la mine frèle et fatiguée, légèrement vouté, entouré cette fois d'un dispositif policier bien plus important, alors que la présence médiatique était moindre.

"Nulle part où se cacher!", vociféraient des manifestants à sa sortie.

Le pape François lui a accordé un congé pour lui permettre d'assurer sa défense, ce qui lui évite de devoir démissionner.

Ce scandale n'en a pas moins provoqué une onde de choc, puisque M. Pell est le plus haut représentant de l'Eglise inculpé dans une affaire d'agression sexuelle.

L'annonce de son inculpation avait coïncidé avec la fin, par ailleurs, d'une longue enquête nationale portant sur les réponses institutionnelles apportées en Australie aux abus sexuels commis sur des enfants, finalement demandée par le gouvernement en 2012 après une décennie de pressions de la part des victimes.

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