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26/09/2017 10:05 EDT | Actualisé 26/09/2017 10:20 EDT

Uber menace de se retirer du Québec face à de nouvelles règles

Le service de réservation de voitures avec chauffeur Uber menace d'arrêter ses activités au Québec en raison de nouvelles règles de cette province canadienne jugées trop restrictives par l'entreprise.

Jusqu'à présent, un projet-pilote d'un an négocié avec le gouvernement provincial permettait à Uber d'exercer ses activités dans la province sous certaines conditions, dont le prélèvement des taxes provinciales et fédérales sur chaque course effectuée par ses chauffeurs.

Malgré cette entente visant à réduire l'impact de ce nouveau venu sur l'industrie locale, Uber fait face aux critiques de l'industrie du taxi qui considère le service comme de la concurrence déloyale en raison des réglementations moins contraignantes dont Uber bénéficie.

Plutôt que de renouveler la licence d'exploitation d'Uber telle quelle, le gouvernement provincial a donc annoncé la semaine dernière de nouvelles règles s'appliquant à Uber, qui affirme avoir embauché 10.000 conducteurs à temps partiel au Québec l'an dernier.

Ces nouvelles règles, similaires à celles auxquelles sont soumis les chauffeurs de taxi traditionnels, imposent notamment une formation des conducteurs d'une durée de 35 heures au lieu de 20 heures actuellement, une vérification de leurs antécédents judiciaires auprès de la police et une visite annuelle de contrôle des véhicules utilisés par les chauffeurs d'Uber.

"Il s'agit de changements majeurs qui nous forcent à cesser nos opérations le 14 octobre prochain", a déclaré Jean-Nicolas Guillemette, responsable des opérations d'Uber au Québec lors d'une conférence de presse, sans toutefois fermer la porte à de futures négociations avec le gouvernement.

-'Chantage'-

"Honnêtement, je serais vraiment surpris qu'une grande entreprise multinationale qui a développé cette application ne soit pas capable de relever le défi de la formation en continu (de) ses propres membres", a déclaré le ministre des Transports du Québec, Laurent Lessard.

"Tant mieux si on peut continuer l'expérience, mais si on nous demande d'autres concessions, on n'est pas dans le domaine de la réalité", avait déjà averti la semaine dernière le Premier ministre du Québec Philippe Couillard.

Il s'agit d'une "menace totalement artificielle" de la part d'Uber, visant à obtenir des compromis de la part du gouvernement, a estimé de son côté le syndicat Les intermédiaires du taxi de Québec.

"Uber n'est pas obligée de stopper ses opérations, elle le fait uniquement pour frustrer ses utilisateurs et faire pression sur le gouvernement", a déclaré le syndicat en qualifiant la décision de "chantage".

Un peu partout dans le monde, l'arrivée d'Uber a provoqué une levée de boucliers de la part de l'industrie traditionnelle du taxi. Le service a également subi des déboires judiciaires dans plusieurs pays.

La semaine dernière, l'Autorité des transports de Londres a décidé de ne pas renouveler la licence d'exploitation de la compagnie dans la capitale britannique, en raison "d'erreurs" en matière de sécurité publique reconnues par nouveau patron d'Uber, qui a présenté des excuses.

L'ancien PDG de l'entreprise Travis Kalanick avait pris ses distances suite à plusieurs controverses ayant terni la réputation de l'entreprise présente dans plus de 70 pays.

Uber avait été brièvement bannie des rues de New Delhi après un viol commis par un chauffeur et a été dernièrement interdite en Hongrie et au Danemark en vertu de nouvelles lois.

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