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26/09/2017 08:57 EDT | Actualisé 26/09/2017 09:20 EDT

Soudan du Sud: 7,6 millions de personnes en quête d'aide, selon l'ONU

Le nombre de personnes au Soudan du Sud ayant besoin d'aide atteint désormais 7,6 millions, selon l'ONU, dont plusieurs membres, exaspérés par la poursuite des violences dans ce jeune pays né en 2011, évoquent un recours à des sanctions internationales.

Selon les agences de l'ONU, "le nombre total des gens ayant besoin d'aide au Soudan du Sud a atteint 7,6 millions de personnes", a déclaré mardi au Conseil de sécurité le représentant spécial des Nations unies pour ce pays et patron de la force de Casques bleus Minus, David Shearer.

Jusqu'à présent, le nombre évoqué de personnes nécessitant une aide était plutôt de 6 millions sur les 12 millions d'habitants que compte le pays.

"Le nombre de personnes déplacées dans le Soudan du Sud est évalué à près de quatre millions pour la première moitié de cette année. Parmi eux, deux millions ont fui vers des pays voisins - Ouganda, Soudan, Ethiopie, Kenya et République démocratique du Congo", a précisé David Shearer.

La force Minus de l'ONU au Soudan du Sud est forte de quelque 13.400 personnels, incluant Casques bleus, policiers et civils. Les relations avec le gouvernement sont difficiles et les Nations unies ont appelé à plusieurs reprises l'exécutif à faciliter le travail des Casques bleus.

"Chaque mois, la situation s'aggrave" et "le gouvernement n'a pas entendu notre appel" à relancer l'application de l'accord de paix de 2015 et à faciliter les relations avec les Casques bleus, a dénoncé l'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley, en parlant de "statistiques effrayantes".

"La frustration est grande" et "nous demandons au gouvernement de coopérer" avec les Casques bleus, a ajouté la diplomate qui doit se rendre en octobre à Juba à la demande du président américain Donald Trump. "C'est la dernière chance de sauver l'accord de paix au Soudan du Sud". "Les différentes parties au conflit doivent utiliser les prochaines semaines pour s'engager dans ce processus et le concrétiser", a souligné Nikki Haley.

Selon elle, "le gouvernement peut faire cesser" les violences et contribuer à relancer l'accord de paix. "Dans le cas contraire, il faudra nous engager à faire plus", a-t-elle dit, en évoquant les sanctions prises début septembre par les Etats-Unis contre de hauts responsables sud-soudanais, dont un ministre et un ancien chef de l'armée, pour avoir "menacé la paix, la sécurité ou la stabilité du Soudan du Sud".

- Embargo sur armes -

Jonathan Allen, représentant adjoint du Royaume-Uni à l'ONU, a aussi souligné que "le Soudan du Sud ne pouvait pas continuer dans cette voie". Il a évoqué l'éventualité d'imposer des sanctions internationales à ceux "qui entravent les progrès pour la paix".

Tout comme son homologue française, Anne Gueguen. Le Soudan du Sud est "l'un des pays les plus dangereux pour les travailleurs humanitaires", a souligné la diplomate française, précisant que "18 d'entre eux ont été tués depuis le début de l'année". "Il est essentiel que les blocages soient levés dans les délais les plus brefs".

"De telles attaques contre les travailleurs humanitaires, facilitées par la prolifération des armes au Soudan du Sud rappellent la pertinence d'envisager la mise en place d'un embargo sur les armes qui contribuerait à priver les parties au conflit de la possibilité de perpétrer de telles violences", a insisté la représentante adjointe de la France.

Les Etats-Unis, qui ont poussé à la création du Soudan du Sud, ont déjà appelé à plusieurs reprises à un embargo sur les armes.

Petr Iliichev, représentant adjoint de la mission diplomatique russe auprès de l'ONU, s'est au contraire opposé à toute prise de sanctions. "Il n'est pas juste d'accuser seulement le gouvernement des violences", a-t-il dit. Si de nouvelles sanctions sont décidées, "elles vont aggraver la crise", a estimé le diplomate russe.

Le Soudan du Sud est plongé depuis décembre 2013 dans une guerre civile qui a fait des dizaines de milliers de morts, alimentée par une rivalité entre le président Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar. Le conflit a éclaté seulement deux ans et demi après l'indépendance du pays acquise en juillet 2011.

prh/sha