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26/09/2017 10:04 EDT | Actualisé 26/09/2017 10:20 EDT

Passe d'armes entre Budapest et Kiev sur l'ukrainien à l'école

La Hongrie a signifié mardi à l'Ukraine qu'elle comptait faire obstruction à toute avancée "dans son processus d'intégration européenne" en représailles au vote d'une loi renforçant l'enseignement de l'ukrainien à l'école face à des langues minoritaires comme le hongrois.

"La Hongrie bloquera chaque étape qui représenterait une avancée du processus d'intégration européenne de l'Ukraine dans l'esprit du Partenariat oriental" passé par l'UE avec d'ex-républiques soviétiques, a déclaré le ministre hongrois des Affaires étrangères Peter Szijjarto dans un communiqué.

Le gouvernement ukrainien a répliqué en déplorant une "déclaration émotionnelle injustifiable" de Budapest, selon la vice Premier ministre Ivanna Klympush-Tsintsadze

Le président ukrainien Petro Porochenko a promulgué lundi une loi renforçant l'enseignement de l'ukrainien à l'école et limitant les cours dispensés en russe et dans les langues des minorités hongroise, polonaise, roumaine, moldave.

Cette loi, qui doit entrer en vigueur en 2020, agite depuis plusieurs semaines les autorités des pays de la région.

"Je suis convaincu que la réaction de l'Europe et du monde entier (à cette loi, ndlr) doit être sévère et immédiate", a déclaré jeudi le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Grigori Karassine, cité par l'agence TASS.

Le ministère roumain des Affaires étrangères a condamné mardi la promulgation de la loi.

L'Ukraine explique vouloir remédier au niveau insuffisant de connaissance de l'ukrainien au sein d'une partie de la population, notamment dans le Sud et l'Est russophones du pays, théâtre depuis avril 2014 d'un conflit armé avec des séparatistes prorusses que Kiev et les Occidentaux accusent Moscou de soutenir.

La loi "garantit à chaque diplômé de bonnes capacités linguistiques essentielles pour une carrière réussie en Ukraine", avait justifié lundi le président Porochenko.

La minorité hongroise revendique quelque 150.000 membres, tout comme la minorité roumaine, au sein de l'ex-république soviétique de 40 millions d'habitants.

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