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26/09/2017 08:57 EDT | Actualisé 26/09/2017 09:20 EDT

Nigeria: 10 inculpations après une manifestation de déplacés à Maiduguri

Dix personnes ont été inculpées mardi pour troubles à l'ordre public, dans un tribunal du nord-est du Nigeria, pour avoir mené une manifestation contre les conditions de vie dans un camp de déplacés du conflit contre le groupe jihadiste Boko Haram.

Un employé du tribunal de Wulari à Maiduguri, la capitale de l'Etat du Borno, a confié à l'AFP que leur comparution s'était déroulée de manière expéditive, et que de nombreuses forces de sécurité avaient été déployées.

"Tout s'est passé très vite, et aucun des accusés n'a pu plaider coupable ou non coupable", a expliqué cette source, sous le couvert de l'anonymat.

Le juge a ordonné qu'ils restent en détention provisoire jusqu'à l'ouverture de leur procès le 23 octobre, a ajouté cette même source.

Ces dix personnes ont été arrêtées parmi les 3.000 déplacés du camp de Dalori, à la sortie de Maiduguri, qui ont manifesté dimanche pour réclamer une amélioration de leurs conditions de vie.

Originaires de Bama, grande ville à 70 kilomètres de là, totalement détruite par les combats entre l'armée nigériane et Boko Haram, ils ont également demandé à pouvoir rentrer chez eux après avoir vécu trois années dans un camp où les situations sécuritaire, sanitaire et alimentaire sont extrêmement précaires.

Parmi les personnes arrêtées, le président de l'Association pour le développement des jeunes de Bama a fait une demande de libération sous caution qui lui a été refusée.

Ibrahim Bukar, un membre de l'association, a expliqué avoir eu un "choc" lorsqu'il a appris qu'ils "avaient été emmenés à la Cour ce matin".

"Nous avons trouvé une forte présence policière autour du tribunal", a-t-il affirmé.

L'insurrection de Boko Haram, particulièrement meurtrière depuis 2009, a dévasté le nord-est du Nigeria. Des villes ont été entièrement rasées, et les jihadistes continuent leurs attaques sporadiques sur les villages et les champs.

Toutefois, face à l'urgence de l'insécurité alimentaire, et les conditions précaires de camps, qui désormais doivent aussi faire face à une épidémie de choléra, les habitants de l'Etat du Borno préfèrent prendre le risque de rentrer chez eux.

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