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26/09/2017 06:03 EDT | Actualisé 26/09/2017 06:20 EDT

Netanyahu dit à Merkel être "inquiet" du regain de l'antisémitisme

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a exprimé mardi auprès de la chancelière Angela Merkel son inquiétude "devant la montée de l'antisémitisme", au surlendemain d'élections parlementaires en Allemagne marquées par la percée historique d'un parti populiste.

"Israël est inquiet devant la montée de l'antisémitisme observée ces dernières années de la part d'éléments politiques de droite comme de gauche, ainsi que d'éléments islamistes", a dit M. Netanyahu lors d'un entretien téléphonique avec Mme Merkel, selon ses services.

M. Netanyahu a appelé le prochain gouvernement allemand à agir pour renforcer ceux "qui, en Allemagne, acceptent la responsabilité historique" de leur pays dans le génocide juif.

Il s'est gardé d'évoquer précisément et a fortiori de réprouver la percée historique de la droite populiste allemande, l'AfD, arrivée troisième des élections de dimanche.

Cette percée de l'AfD parachève une virulente campagne dominée par le discours anti-islam et anti-immigration. Et si l'AfD n'est pas répertoriée comme étant d'extrême droite par les autorités allemandes et se défend de tout antisémitisme, elle est parcourue par un courant de plus en plus fort proche de la mouvance néo-nazie et aux tendances antisémites.

Un membre de l'AfD, Björn Höcke, a qualifié en janvier le mémorial de l'Holocauste à Berlin de "mémorial de la honte".

La "responsabilité historique" de l'Allemagne dans le génocide juif est un élément fondateur de ce qu'il est convenu d'appeler la "relation spéciale" entre Israël et Berlin.

L'Allemagne est ainsi l'un des soutiens les plus fermes d'Israël au sein de l'Union européenne.

Les relations bilatérales se sont toutefois rafraîchies ces derniers mois, notamment au sujet de la colonisation israélienne dans les territoires palestiniens occupés, critiquée par Berlin.

Elles ont connu un rare accroc public en avril quand M. Netanyahu a annulé une rencontre avec le chef de la diplomatie allemande, Sigmar Gabriel. Au cours de sa visite en Israël, M. Gabriel avait refusé de renoncer à rencontrer des représentants de deux ONG très défavorables au gouvernement israélien, considéré comme un des plus à droite de l'histoire.

Deux mois auparavant, Berlin avait annoncé le report de consultations germano-israéliennes, la chancelière Angela Merkel voulant, selon la presse israélienne, manifester son mécontentement après l'adoption d'une loi en faveur des colons.

Lors de leur conversation mardi, Mme Merkel a souhaité que ces consultations aient lieu "aussitôt que (son) nouveau gouvernement sera mis en place", d'après les services de M. Netanyahu.

lal/gk