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25/09/2017 22:41 EDT | Actualisé 25/09/2017 23:00 EDT

La France présente mercredi un budget entre économies et baisses d'impôts

La France présente mercredi son projet de budget pour 2018, chargé de concilier les vastes baisses d'impôts promises par le président Emmanuel Macron et la réduction du déficit public voulue par Bruxelles. Une quadrature du cercle difficile à résoudre.

Un "budget de transformation", axé sur le "pouvoir d'achat" et le "respect des engagements": voilà comment le gouvernement a présenté ces dernières semaines son premier projet de loi de finances (PLF), censé consacrer le retour de la France dans les clous européens, avec une deuxième année consécutive sous la barre des 3% de déficit.

L'équation est délicate. "Il y a une triple ambition: baisser considérablement les impôts, augmenter les dépenses dans certains secteurs et réduire le déficit. Cela crée forcément une tension", souligne à l'AFP Alain Trannoy, directeur de recherches à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), à Paris.

Le PLF 2018, qui sera débattu durant l'automne au Parlement, prévoit un lot de mesures fiscales, comme la réforme de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), l'instauration d'une "flat tax" (taux unique) pour les revenus du capital et une baisse de la taxe d'habitation pour 80% des ménages.

Ces mesures seront complétées par une suppression des cotisations chômage et maladie pour les salariés du secteur privé, dont le coût sera compensé par une hausse de 1,7 point de la CSG, un impôt prélevé directement sur les salaires et les primes afin de financer la protection sociale.

Avec ces différentes réformes, 10 milliards d'euros seront rendus aux entreprises et aux ménages. "C'est un effort considérable", qui représente "plus de la moitié" des baisses d'impôts promises par l'exécutif sur l'ensemble du quinquennat, a insisté le Premier ministre Edouard Philippe.

Outre ces baisses d'impôts, le budget 2018 devra graver dans le marbre les hausses de crédits liées aux promesses de campagne d'Emmanuel Macron, dont le renforcement de la sécurité, l'accompagnement des enfants handicapés ou la revalorisation de la prime d'activité.

Plusieurs portefeuilles ministériels sont ainsi annoncés en hausse, comme la Justice, l'Enseignement supérieur ou la Défense.

- 'ça sera difficile' -

Le déficit public sera cependant ramené à 2,6% du produit intérieur brut (PIB) l'an prochain, selon les Finances, alors que le cap était jusque-là fixé à 2,7%.

Pour concilier ces objectifs, Bercy a annoncé une réduction de 0,7 point de la dépense publique, impliquant des coupes budgétaires inédites, chiffrées à 16 milliards d'euros. "Ca sera difficile" mais "c'est nécessaire", a justifié le ministre de l'Economie Bruno Le Maire.

L'Etat, avec 8 milliards, devrait supporter la majeure partie de ces mesures d'économies, avec 1.600 postes supprimés dans la fonction publique d'Etat, sur les 50.000 promis sur l'ensemble du quinquennat.

Trois secteurs seront principalement mis à contribution: l'emploi, avec une réduction drastique des contrats aidés, le logement, avec une forte baisse des aides aux ménages les plus modestes, et les transports, avec le gel de plusieurs grands projets d'infrastructures.

Les collectivités locales devront réduire leurs dépenses de près de 2,5 milliards d'euros et la Sécurité sociale d'environ 5,5 milliards d'euros.

Pour réussir ce numéro d'équilibriste, le gouvernement pourra compter sur la reprise économique, synonyme de recettes supplémentaires, avec une croissance prévue de 1,7% l'an prochain.

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