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26/09/2017 05:38 EDT | Actualisé 26/09/2017 06:00 EDT

L'Equateur en campagne à Paris sur un traité international sur les obligations des multinationales

La ministre équatorienne des Affaires étrangères Maria Fernanda Espinosa a rencontré des députés mardi pour convaincre la France de soutenir son projet de traité international sur les obligations des multinationales concernant les droits de l'homme, discuté fin octobre à l'ONU et s'inspirant d'une loi française.

"La mondialisation a besoin de règles d'éthique et de transparence des multinationales qui soient applicables partout dans le monde", a plaidé Mme Espinosa, dont le pays n'a jamais pu obtenir réparation des dégâts causés en Amazonie par l'exploitation pétrolière de la compagnie américaine Texaco.

La France a été "pionnière" avec sa loi "sur le devoir de vigilance" des multinationales à l'égard de leurs sous-traitants ou fournisseurs, adoptée début 2017, donc son implication aurait "un impact sur la possibilité de réaliser un traité international", a argumenté Mme Espinosa, lors d'un point presse à l'Assemblée au côté du rapporteur de cette loi, le socialiste Dominique Potier, et de plusieurs ONG.

Avec l'Afrique du Sud, l'Equateur est à l'initiative d'un groupe de travail du Conseil des droits de l'homme de l'ONU en vue de l'adoption d'un traité contraignant sur les obligations des multinationales en matière de droits de l'homme.

Lancé en 2014, ce groupe va tenir sa troisième session de travail à Genève du 23 au 27 octobre et discutera pour la première fois d'un projet de document. Pour l'instant, les pays occidentaux, dont l'UE et y compris la France, se sont montrés réticents.

La ministre équatorienne, qui a rencontré lundi et mardi plusieurs députés ainsi que le ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot, a reconnu que ce traité pourrait prendre "des années", voire "des décennies".

"Il faut qu'il y ait un plaidoyer européen citoyen et militant pour ébranler les gouvernements qui n'y sont pas spontanément favorables", a ajouté M. Potier, alors que la Commission européenne n'a jusqu'alors pas annoncé de nouvelle initiative dans ce domaine.

La loi française prévoit que les 150 plus grandes entreprises françaises - celles de plus de 5.000 salariés - aient l'obligation de publier en 2018 un plan de vigilance destiné à "prévenir les atteintes graves envers les droits humains et les libertés fondamentales, la santé et la sécurité des personnes ainsi que l'environnement" chez leurs sous-traitants ou fournisseurs à l'étranger avec qui elles ont "une relation commerciale durable".

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