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26/09/2017 11:10 EDT | Actualisé 26/09/2017 15:33 EDT

Janet Yellen admet que la Fed est perplexe face à la faible inflation

CLEVELAND — La présidente de la Réserve fédérale des États-Unis, Janet Yellen, a reconnu mardi que la banque centrale était perplexe face à la ténacité de la faiblesse inhabituelle de l'inflation et qu'elle devrait peut-être s'ajuster pour en tenir compte dans ses décisions sur les taux d'intérêt.

Lors d'une conférence d'économistes, Mme Yellen a évoqué les principales questions auxquelles son institution est confrontée alors qu'elle tente de comprendre pourquoi l'inflation reste aussi longtemps en deçà de sa cible de 2,0 pour cent.

La présidente de la Fed a expliqué que ses collègues s'attendaient toujours à ce que les forces qui retiennent l'inflation finissent par se dissiper, mais elle a admis que la Fed pourrait devoir réviser ses hypothèses.

La plupart des analystes s'attendent à ce que la banque centrale hausse ses taux d'intérêt en décembre, pour la troisième fois de l'année, en raison de l'amélioration de l'économie du pays. Mais la Fed a indiqué que toute nouvelle hausse dépendrait des données économiques à venir.

Dans son discours prononcé à Cleveland, Mme Yellen est allée plus loin qu'elle ne l'avait fait par le passé en laissant entendre que la banque centrale faisait peut-être erreur dans ses hypothèses au sujet de l'inflation.

«Mes collègues et moi avons peut-être mal évalué la vigueur du marché du travail et la mesure dans laquelle nos attentes sur l'inflation à long terme sont conformes à notre objectif pour l'inflation, ou même les forces fondamentales qui alimentent l'inflation», a affirmé Mme Yellen.

La Fed contrôle les taux d'intérêt pour assurer un niveau maximal d'emploi et une stabilité des prix, qu'elle définit comme une croissance annuelle des prix de 2,0 pour cent. La banque a atteint son objectif pour le marché du travail — le taux de chômage se situe à 4,4 pour cent, près d'un creux de 16 ans —, mais elle continue de rater la cible au chapitre de l'inflation.

Une faible inflation soutenue peut déprimer la croissance économique parce que les consommateurs reportent habituellement leurs achats lorsque les prix restent les mêmes ou diminuent.

L'inflation annuelle, qui se rapprochait du seuil des 2,0 pour cent au début de l'année, a depuis reculé davantage et se situe actuellement à 1,4 pour cent.

Mme Yellen a précédemment attribué cette situation par des facteurs temporaires, incluant une guerre de prix chez les fournisseurs de téléphonie mobile. Comme d'autres responsables de la Fed, elle a prédit que l'inflation commencerait à grimper vers la cible de 2,0 pour cent avec le resserrement du marché du travail, qui fera grimper les salaires.

Dans ses remarques de mardi, Mme Yellen a indiqué que cette dernière possibilité était toujours vraisemblable. Mais elle a ajouté que la banque centrale devait rester ouverte à la possibilité que d'autres forces, qui ne sont pas complètement comprises, puissent continuer à empêcher l'inflation d'atteindre la cible idéale de la Fed.