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25/09/2017 21:25 EDT | Actualisé 25/09/2017 21:40 EDT

Interpol se réunit en Chine, sur fond de chasse aux fugitifs

Interpol réunit mardi son assemblée générale à Pékin, à l'heure où la Chine poursuit une intense campagne de rapatriement d'escrocs et de fraudeurs présumés depuis l'étranger, parfois accusée de servir ses intérêts politiques.

Quelque 1.000 dirigeants policiers et politiques vont discuter pendant quatre jours à huis clos de terrorisme, de crime organisé ou encore de cybercriminalité.

Interpol, qui permet des échanges d'information entre les polices de 190 pays, est un outil crucial pour la Chine, à l'heure où le président Xi Jinping a fait de la lutte contre la corruption des cadres du régime un de ses chevaux de bataille.

Dans ce contexte, Pékin a lancé une opération "Chasse aux renards" qui a déjà permis de rapatrier au moins 2.500 ressortissants suspectés de crimes économiques, selon les autorités.

Si l'organisation policière basée à Lyon n'émet pas de mandats d'arrêt, elle peut publier, sur demande d'un Etat membre, des "notices rouges", c'est-à-dire des avis de recherche internationaux.

De nombreux pays occidentaux restent cependant prudents, face à une Chine où la justice est soumise au Parti communiste (PCC). La France avait toutefois accepté d'extrader l'an passé un citoyen chinois, une première depuis l'application en 2015 d'un accord bilatéral d'extradition, selon Pékin.

Depuis l'élection fin 2016 du vice-ministre chinois de la Sécurité publique Meng Hongwei comme président de l'organisation internationale policière, les critiques de défenseurs des droits de l'homme s'accumulent.

Le dissident Wei Jingcheng, exilé aux Etats-Unis depuis 1997, a déclaré craindre que Pékin utilise ainsi l'institution policière internationale pour "rapatrier des opposants politiques".

Des craintes jugées "sans fondement" la semaine dernière par le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Lu Kang.

Interpol rappelle de son côté l'article 3 de ses statuts, selon lequel il "s'interdit absolument toute intervention ou activité à caractère politique, militaire, religieux ou racial".

Une autre dossier agitera cette assemblée générale: la candidature de l'Autorité palestinienne, à laquelle s'oppose la diplomatie israélienne.

La Palestine, en quête de reconnaissance par les institutions internationales, dispose d'un statut d'observateur à l'ONU depuis 2012 et a déjà rejoint la Cour pénale internationale et l'Unesco.

Elle tentera à nouveau d'intégrer Interpol après un échec l'an passé et devra obtenir pour cela une majorité des deux tiers.

ehl/bar/cr