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26/09/2017 18:00 EDT | Actualisé 26/09/2017 18:20 EDT

France: un budget 2018 délicat, entre économies et baisses d'impôts

La France présente mercredi son projet de budget pour 2018, censé concilier les dix milliards d'euros de baisses d'impôts promises par le président Emmanuel Macron et la réduction du déficit public promise à Bruxelles. Un délicat numéro d'équilibriste.

Un "budget de transformation" du pays, axé à la fois sur le "pouvoir d'achat" et le "respect des engagements": voilà comment le gouvernement décrit son premier projet de loi de finances (PLF), censé consacrer le retour de la France dans les clous européens, avec une deuxième année consécutive sous la barre des 3% de déficit.

Paris promet que son déficit public sera ramené à 2,9% du produit intérieur brut (PIB) en 2017 puis à 2,6% l'an prochain. Un effort destiné à retrouver de la "crédibilité" auprès de ses partenaires européens, au premier rang desquels Berlin, qui réclame depuis longtemps à la France des comptes publics plus vertueux.

Pour y parvenir, le ministère des Finances a annoncé une réduction de 0,7 point de la dépense publique, impliquant des coupes budgétaires inédites, chiffrées à 16 milliards d'euros. "Ca sera difficile" mais "c'est nécessaire", a justifié le ministre de l'Economie Bruno Le Maire.

Trois secteurs seront principalement mis à contribution: l'emploi, avec une réduction drastique des contrats aidés, le logement, avec une baisse des aides aux ménages les plus modestes, et les transports, avec le gel de plusieurs grands projets d'infrastructures.

L'Etat prévoit en outre de supprimer 1.600 postes dans la fonction publique, et de réduire les dépenses de la Sécurité sociale d'environ 5,5 milliards d'euros.

- 'effort considérable' -

Dans le même temps, le gouvernement français compte rendre 10 milliards d'euros aux entreprises et aux ménages via des mesures fiscales, en vue de relancer l'économie et de renforcer l'attractivité de la France. "C'est un effort considérable", a commenté le Premier ministre Edouard Philippe.

Le PLF 2018, qui sera débattu durant l'automne au Parlement, prévoit notamment la réforme de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), l'instauration d'une "flat tax" (taux unique) pour les revenus du capital et une baisse de la taxe d'habitation pour 80% des foyers français.

Ces mesures seront complétées par une suppression des cotisations chômage et maladie pour les salariés du secteur privé, dont le coût sera compensé par une hausse de 1,7 point de la CSG, un impôt prélevé directement sur les salaires et les primes afin de financer la protection sociale.

Outre ces baisses d'impôts, le budget 2018 devra graver dans le marbre les hausses de crédits liées aux promesses de campagne d'Emmanuel Macron, dont le renforcement de la sécurité, l'accompagnement des enfants handicapés ou la revalorisation de la prime d'activité.

Plusieurs portefeuilles ministériels sont ainsi annoncés en hausse, comme la Justice, l'Enseignement supérieur ou la Défense.

Pour réussir ce numéro d'équilibriste, le gouvernement compte sur la reprise économique, synonyme de recettes supplémentaires, avec une croissance prévue de 1,7% l'an prochain.

Mais l'équation demeure délicate, préviennent des experts.

Emmanuel Macron "a une triple ambition: baisser considérablement les impôts, augmenter les dépenses dans certains secteurs et réduire le déficit. Cela crée forcément une tension", souligne à l'AFP Alain Trannoy, directeur de recherches à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), à Paris.

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