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26/09/2017 08:01 EDT | Actualisé 26/09/2017 08:20 EDT

Corée du Nord: Washington prône une solution diplomatique mais ne baisse pas le ton

Les Etats-Unis ont assuré mardi vouloir trouver une solution "diplomatique" à la crise nucléaire avec la Corée du Nord, sans toutefois baisser le ton malgré les mises en garde sur le risque qu'une guerre des mots dégénère en conflit militaire.

Les tensions ont atteint un nouveau sommet lundi, quand Pyongyang a accusé Washington de lui avoir "déclaré la guerre".

"Personne ne sortirait vainqueur d'une guerre dans la péninsule coréenne", a averti la Chine, voisine de la Corée du Nord dont elle est le principal allié. "Les provocations mutuelles ne peuvent qu'accroître le risque d'une confrontation", a-t-elle ajouté, plaidant à nouveau pour "des efforts internationaux" pour sortir de l'impasse.

Séoul a également appelé à calmer le jeu. Il faut "éviter une escalade ultérieure des tensions ou des affrontements militaires accidentels qui pourraient rapidement dégénérer", a dit à Washington la ministre sud-coréenne des Affaires étrangères, Kang Kyung-Wha.

La spirale d'échanges belliqueux entre le régime nord-coréen de Kim Jong-Un et Donald Trump inquiète la communauté internationale. Le président américain a menacé la semaine dernière devant l'Assemblée générale de l'ONU, dominée par les craintes suscitées par le programme nucléaire nord-coréen, de "détruire totalement" le pays reclus d'Asie de l'Est.

Il avait aussi qualifié Kim Jong-Un "d'homme-fusée" embarqué dans une "mission suicide". Kim Jong-Un s'est de son côté livré à une attaque personnelle contre le président américain, accusé d'être "un gâteux mentalement dérangé".

Semblant vouloir calmer le jeu, la Maison Blanche a démenti lundi avoir ouvert la porte au conflit avec un pays qui multiplie les tirs de missiles et vient de réaliser son sixième essai nucléaire, le plus puissant à ce jour. "Nous n'avons pas déclaré la guerre à la Corée du Nord et, franchement, une telle suggestion est absurde", a rétorqué la porte-parole de l'exécutif américain Sarah Huckabee-Sanders.

- 'Torturé au-delà de l'imaginable' -

L'accent mis sur la diplomatie a été relayé mardi par plusieurs hauts responsables. "Nous allons poursuivre nos efforts diplomatiques et nous espérons que c'est ainsi que nous pourrons mettre fin à tout cela", a déclaré à des journalistes le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson.

A New Delhi, le ministre américain de la Défense Jim Mattis a aussi assuré: "Notre but est de résoudre ça diplomatiquement". "Nous gardons les capacités de contrer les menaces les plus dangereuses de la Corée du Nord, mais également d'appuyer nos diplomates de manière à cantonner cela le plus longtemps possible dans l'arène diplomatique".

Mais les Etats-Unis continuent de souffler le chaud et le froid. Entre deux messages apaisants, un tweet du président Trump est venu accuser le régime de Pyongyang d'avoir "torturé au-delà de l'imaginable" l'étudiant américain Otto Warmbier. Ses propos suivaient la diffusion d'une interview des parents de ce jeune arrêté en Corée du Nord en janvier 2016 et décédé en juin dernier une semaine après son rapatriement dans le coma.

Sur la chaîne Fox News, ses parents ont aussi affirmé que le régime nord-coréen avait "torturé et intentionnellement blessé" leurs fils, mais c'est la première fois qu'un responsable américain porte publiquement de telles accusations. En juin, après la mort de l'étudiant de 22 ans, Pyongyang avait démenti toute torture ou maltraitance.

Les craintes d'un affrontement accidentel alors que les nerfs sont à vif sont d'autant plus fortes, notamment en Asie, que, pour montrer qu'ils disposent d'options militaires face aux ambitions nucléaires de Pyongyang, les Etats-Unis ont fait voler durant le week-end des bombardiers stratégiques près des côtes nord-coréennes. La Corée du Nord s'est déclarée prête à les abattre à l'avenir.

"Depuis que les Etats-Unis ont déclaré une guerre à notre pays, nous avons tous les droits pour prendre des contre-mesures, y compris d'abattre des bombardiers stratégiques, même s'ils ne se trouvent pas encore dans l'espace aérien de notre pays", a menacé lundi à New York le ministre nord-coréen des Affaires étrangères Ri Yong Ho.

"Nous avons le droit de voler, de naviguer et d'opérer partout dans le monde où c'est légalement permis", a pour sa part fait valoir le Pentagone.

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