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26/09/2017 13:19 EDT | Actualisé 26/09/2017 13:40 EDT

Catalogne: le parquet demande la mise sous scellés des bureaux de vote

Le parquet de Catalogne (nord-est de l'Espagne) a ordonné mardi la mise sous scellé avant samedi des lieux qui devraient servir de bureaux de vote pour le référendum d'autodetermination interdit que les séparatistes veulent organiser, a-t-on appris de source judiciaire.

Dans une note adressée à la police catalane, le procureur de la région ordonne la mise sous scellé des salles concernées avant le 30 septembre, et la surveillance de ces lieux afin que l'interdiction d'y accéder soit respectée, jusqu'à 21h00 (19h00 GMT) le dimanche 1er octobre, jour où les dirigeants de la Catalogne voulaient organiser ce référendum.

"Le dispositif mis en oeuvre devra aussi éviter toute tentative de voter dans un autre lieu du même établissement ou sur la voie publique environnante, dans un rayon de sécurité de 100 mètres", lit-on dans une note du parquet adressée aux forces de l'ordre que l'AFP a pu consulter.

L'ordre peut donc en théorie viser des établissements scolaires, et autres locaux mis à disposition par les mairies ou l'administration régionale pour le vote, y compris des centres de santé.

Les indépendantistes au pouvoir en Catalogne entendent organiser un référendum pour savoir si cette région de 7,5 millions d'habitants (16% de la population espagnole) doit se séparer de l'Espagne.

Mais le gouvernement du conservateur Mariano Rajoy y est fermement opposé, la Constitution interdisant ce type de consultation selon la Cour constitutionnelle.

Plus de 700 mairies catalanes sur 948 s'étaient dites disposées à participer. En revanche cinq des dix plus grandes villes n'ont pas voulu s'impliquer la Catalogne étant profondément divisée sur la question de l'indépendance.

Le parquet de Catalogne a aussi demandé à la police régionale de procéder à l'identification des responsables des bureaux de vote qui devraient servir au référendum de dimanche.

La justice poursuit la mise en oeuvre d'un plan visant tous les mécanismes du référendum.

La commission électorale a dû démissionner en bloc, la Cour constitutionnelle ayant menacé ses membres d'amendes journalières de 12.000 euros.

La police et la Garde civile ont aussi saisi près de 10 millions de bulletins de vote et quelque 45.000 convocations d'assesseurs. Et déjà 59 sites internet de promotion ou d'information sur le référendum ont été fermés.

Face à ces actions, les autorités séparatistes dénoncent des méthodes "répressives". "Le site de la fondation Franco (l'ancien dictateur, ndlr) est toujours opérationnel", mais pas ces sites, s'est plaint mardi le porte-parole du gouvernement régional catalan Jordi Turull.

dbh/mck