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25/09/2017 22:27 EDT | Actualisé 25/09/2017 22:40 EDT

Cambodge: refus de libération sous caution du chef de l'opposition

La libération sous caution du chef de l'opposition au Cambodge, accusé d'espionnage dans une affaire critiquée pour ses implications politiques à l'approche des législatives de 2018, a été refusée mardi.

"La cour a décidé de maintenir la détention préventive" de Kem Sokha, a annoncé un porte-parole du tribunal de Phnom Penh en charge de son dossier.

Kem Sokha, chef du Parti national du secours du Cambodge (CNRP), a été arrêté le 3 septembre. Il attend depuis son procès pour "espionnage" à la solde de Washington, sur la base d'un discours prononcé en 2013 en Australie, où il évoquait son travail d'opposant.

Ses avocats ont boycotté l'audience de mardi, en signe de protestation contre le fait que Kem Sokha, détenu à plusieurs heures de route de Phnom Penh, n'avait pas été autorisé à assister à l'audience.

Des députés d'opposition ont tenté d'assister à l'audience, mais elle s'est tenue à huis clos. Ils sont allés rejoindre les quelques dizaines de manifestants réunis pour réclamer la libération du politicien.

Ils étaient tenus à distance du tribunal par un important dispositif policier.

Depuis lundi, l'opposition cambodgienne a déployé de grandes affiches réclamant la "libération immédiate et sans condition" de Kem Sokha.

Avec ce procès, le régime de Hun Sen, Premier ministre du Cambodge depuis plus de 32 ans, est accusé de vouloir museler l'opposition avant les législatives de 2018. Le chef historique de l'opposition, Sam Rainsy, vit quant à lui en exil en France pour échapper à la justice.

Hun Sen redoute en 2018 une "révolution de couleur", soutenue par Washington, et des grandes manifestations sur le modèle de celles de 2013, qui dénonçaient les fraudes électorales du régime lors des dernières législatives.

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