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25/09/2017 18:57 EDT | Actualisé 25/09/2017 19:20 EDT

Visas: la justice hongkongaise donne raison à un couple de lesbiennes

La justice hongkongaise a accordé à une lesbienne britannique le droit de vivre et de travailler dans la mégapole dans un arrêt salué par les défenseurs des droits des gays comme une "grande victoire".

La Cour d'appel de l'ex-colonie britannique examinait le recours d'une Britannique privée d'un visa marital parce qu'elle est en couple avec une femme.

La requérante, identifiée seulement sous les lettres "QT", est arrivée à Hong Kong en 2011 après avoir conclu en Grande-Bretagne un partenariat civil avec "SS". Cette dernière s'était rendue à Hong Kong pour y occuper un nouvel emploi.

QT n'a pu obtenir un visa de dépendant, qui permet de travailler, mais seulement un visa touristique.

Elle avait perdu en première instance en mars 2016 mais la Cour d'appel a annulé ce jugement lundi.

Les services de l'immigration "n'ont pas étayé la discrimination indirecte (infligée à QT) au motif de son orientation sexuelle", écrit la Cour dans son arrêt. "Le fait d'être ensemble, unis sont les signes d'une relation maritale hétérosexuelle mais ne le sont pas, ou ne le sont plus, exclusivement", ajoutent les juges.

Hong Kong ne reconnaît pas le mariage gay. L'homosexualité n'y a été dépénalisée qu'en 1991.

Ville ouverte et cosmopolite où une gay pride attire chaque année des milliers de personnes, Hong Kong est aussi un repaire de mouvements conservateurs qui dénoncent les avancées, pourtant timides, de la cause LGBT dans l'ex-colonie revenue en 1997 dans le giron de la Chine.

Les défenseurs des droits LGBT ont salué la décision.

Ray Chan, un démocrate et premier député ouvertement gay de Hong Kong, a estimé qu'il s'agissait d'une "grande victoire pour les conjoints homosexuels souhaitant obtenir un visa de dépendant à Hong Kong".

"Ce jugement est un pas en avant envers l'amélioration des droits des couples du même sexe à Hong Kong et la reconnaissance que les couples homosexuels ont une relation valide", a réagi Geoffrey Yeung, du groupe des Avocats progressistes.

La Cour d'appel a également mis en avant des arguments économiques pour étayer sa décision, expliquant qu'empêcher un conjoint de travailler était "contre-productif" car susceptible de dissuader les gens de venir travailler à Hong Kong.

Douze grandes institutions financières internationales dont Morgan Stanley, Goldman Sachs et Credit Suisse, étaient venues au secours de QT devant la Cour d'appel, arguant qu'une politique de recrutement "diversifiée" était vitale pour attirer les talents.

Les services de l'immigration ont déclaré qu'ils étudieraient l'arrêt avant de décider ou non de faire appel.

ey/ev/mf

GOLDMAN SACHS GROUP

MORGAN STANLEY

CREDIT SUISSE GROUP