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25/09/2017 10:06 EDT | Actualisé 25/09/2017 10:20 EDT

GB: le directeur de l'organisation Cage condamné pour ne pas avoir donné accès à son portable

Le directeur de l'organisation Cage, qui dénonce les abus de la lutte contre le terrorisme, a été reconnu lundi à Londres coupable de ne pas avoir laissé les autorités britanniques accéder à son téléphone et à son ordinateur portable.

Muhammad Rabbani, 36 ans, a été condamné à 12 mois de prison avec sursis et à une amende de 620 livres (704 euros).

Alors qu'il venait d'atterrir à l'aéroport d'Heathrow, en provenance de Doha (Qatar), le 20 novembre 2016, il avait refusé de donner à la police les informations - code PIN et mot de passe - permettant d'accéder à ses appareils.

A l'audience, il a invoqué le fait qu'il avait alors en sa possession "environ 30.000" documents relatifs à une affaire de torture dont aurait été victime un Qatari aux Etats-Unis, et qu'il ne souhaitait donc pas voir divulgués.

La police intervenait elle dans le cadre d'une disposition anti-terroriste de la loi britannique permettant aux autorités de fouiller un individu même en l'absence de suspicion.

En refusant d'accéder à la demande des autorités, Muhammad Rabbani a pris un "risque calculé", a estimé la juge Emma Arbuthnot. "Il avait été averti qu'il commettait une infraction en ne fournissant pas l'information (demandée)", a-t-elle souligné.

Sur Twitter, Cage a estimé que ce jugement constituait le "parfait exemple" de la manière dont les lois antiterroristes "sapent" les libertés individuelles.

Scotland Yard s'est en revanche félicité de la condamnation en soulignant que ce type de fouilles constituait un "outil crucial dans la lutte contre le terrorisme".

La police "a conservé le téléphone et l'ordinateur portable de M. Rabbani et poursuit ses efforts pour en examiner le contenu", a-t-elle ajouté, dans un communiqué.

Controversée au Royaume-Uni, l'association Cage, connue pour sa défense des droits des détenus de Guantanamo, a récemment suscité la colère en attribuant la radicalisation de Mohamed Emwazi --alias "Jihadi John", bourreau présumé des otages du groupe État islamique-- au "harcèlement des services de sécurité" britanniques.

En 2015, deux organismes caritatifs britanniques, le Joseph Rowntree Charitable Trust (JRCT) et la Fondation Roddick, s'étaient engagés à ne plus la financer.

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