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25/09/2017 05:52 EDT | Actualisé 25/09/2017 06:00 EDT

Frontières et pétrole: Erdogan veut sanctionner les kurdes d'Irak

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, furieux contre le référendum d'indépendance au Kurdistan irakien, a annoncé lundi une prochaine fermeture de la frontière terrestre avec cette région d'Irak et menacé d'en stopper les exportations pétrolières via la Turquie.

"Cette semaine, des mesures seront prises. Les entrées et sorties (à la frontière) seront fermées", a déclaré M. Erdogan lors d'un colloque à Istanbul.

"Voyons par quels canaux et où le (Kurdistan irakien) vendra son pétrole. Les vannes sont chez nous. Une fois que nous fermons les vannes, ce travail est terminé", a-t-il ajouté en guise de menace d'un arrêt des exportations pétrolières, une mesure susceptible d'asphyxier l'économie du Kurdistan irakien.

Quelque 550.000 des 600.000 barils/jour produits par le Kurdistan irakien sont exportés via un oléoduc débouchant dans le port turc de Ceyhan sur la Méditerranée, dans le sud de la Turquie.

"Nous prenons toutes les mesures nécessaires aux niveaux politique, économique et sécuritaire. Il n'y a aura pas de compromis", a encore dit M. Erdogan.

Les Kurdes d'Irak ont commencé à voter lundi matin pour leur indépendance lors d'un référendum vivement décrié par la communauté internationale.

La Turquie, notamment, a exprimé à de nombreuses reprises son opposition catégorique à ce scrutin, craignant que la création d'un Etat kurde en Irak ne renforce les velléités séparatistes de sa propre minorité kurde dans le sud-est du pays, théâtre d'une rébellion sanglante depuis 1984.

Peu auparavant, le Premier ministre turc Binali Yildirim avait affirmé que le gouvernement turc examinait les différentes sanctions possibles en réponse au référendum sur l'indépendance du Kurdistan irakien, tout en écartant une éventuelle action militaire.

Alors que le Parlement turc a renouvelé samedi pour un an le mandat qui permet à l'armée d'intervenir en Irak et en Syrie, le Premier ministre a assuré qu'Ankara ne "part pas en guerre", mais pourrait mener "des opérations ciblées contre les éléments terroristes" susceptibles de constituer une menace sécuritaire pour la Turquie.

M. Erdogan a lui affirmé que l'armée turque se tenait prête à la frontière et a mis en garde l'Irak contre une opération similaire à celle menée entre août 2016 et mars 2017 dans le nord de la Syrie, pour repousser le groupe Etat islamique (EI) et les milices kurdes YPG qu'Ankara considère comme terroristes.

Le gouvernement du Kurdistan irakien "doit faire un pas en arrière. (...) Nous n'autoriserons pas non plus la formation d'un Etat terroriste en Syrie", a-t-il poursuivi.

"Nous pouvons venir un soir, tout à coup", a ajouté le président turc. "Nous l'avons fait avec l'opération Bouclier de l'Euphrate. (...) Toutes les options sont sur la table".

Le référendum se déroule également dans la région autonome de Kirkouk, que se disputent Erbil et Bagdad, et où cohabitent Kurdes, Arabes et Turkmènes.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, a affirmé que la Turquie lancerait une opération militaire "immédiatement" si la minorité turkmène venait à être visée en Irak.

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