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25/09/2017 04:18 EDT | Actualisé 25/09/2017 04:40 EDT

France: grève des routiers contre la réforme du droit du travail

Opérations escargot, blocages de dépôts pétroliers: des routiers ont entamé lundi en France une grève contre la réforme du droit du travail, énième action contre l'un des projets phares du président Emmanuel Macron, mais les blocages étaient en grande partie levés dès la mi-journée.

Le coup d'envoi a été donné par une trentaine de grévistes qui ont bloqué, dans la nuit, le trafic des poids lourds sur une autoroute du Nord, tout près de la Belgique.

D'autres actions ont suivi, notamment à proximité d'Arras (nord), Rouen (nord-ouest), Bordeaux (sud-ouest) ou Marseille (sud), selon un recensement de l'AFP.

"Il y a de vraies inquiétudes" exprimées par les chauffeurs, "il faut qu'on leur apporte des garanties", a reconnu lundi sur les médias RMC et BFMTV le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner. S'ils le souhaitent, CGT et FO, les syndicats organisateurs du mouvement, "seront évidemment reçus à nouveau", a-t-il ajouté.

Le début du mouvement est "à la hauteur de nos attentes", s'est félicité Jérôme Vérité, le numéro un de la CGT-Transports qui a recensé "plus de 40 points de blocage" en France.

Plusieurs dépôts pétroliers ont été bloqués avant d'être libérés en milieu de journée. La présence policière a mis en échec plusieurs tentatives de blocage à Lorient.

"Le gouvernement choisit la matraque plutôt que le dialogue", a regretté sur RTL le numéro un de la CGT-Transports, Jérôme Vérité. Selon lui, les forces de l'ordre "ont eu comme consigne très clairement de lever un certain nombre de blocages", une situation inédite "depuis 2002".

L'approvisionnement des stations-services "est assuré normalement" et "la quasi-totalité des dépôts de carburants est libre d'accès" à la mi-journée, a assuré le ministère des Transports, en évoquant une situation "normale".

Cette action des routiers constitue une énième protestation dans la contestation sociale contre le gouvernement à propos de la réforme du droit du travail. Trois manifestations ont déjà réuni ces dernières semaines des centaines de milliers de personnes au total à travers la France.

Même si la réforme a déjà été adoptée et est mise en oeuvre à compter de ce lundi, ses opposants ne semblent pas vouloir reculer, à l'instar des routiers.

"On restera le temps qu'il faut jusqu'à ce que Macron retire ses ordonnances purement et simplement", a ainsi déclaré Fabien Dautan, délégué CGT-Transports dans le sud-ouest.

Opposés à la réforme du droit du travail, les chauffeurs dénoncent la possibilité de "faciliter" les licenciements économiques dans les grands groupes et la possibilité de négocier dans l'entreprise des éléments de rémunération (13e mois, prime d'ancienneté...), jusque-là fixés par la branche professionnelle.

Les ordonnances "portent atteinte à nos primes d'ancienneté, qui représentent 6% de nos salaires", a expliqué Stanislas Baugé (CGT). Il relève aussi que "dans beaucoup d'entreprises, les heures supplémentaires ne sont pas payées mais compensées par une prime qui pourrait disparaître".

"Aucun accord d'entreprise ne pourra être moins-disant que la convention collective. Affirmer le contraire est un mensonge et une manipulation", a répliqué, dans un communiqué, la fédération patronale OTRE.

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