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25/09/2017 10:29 EDT | Actualisé 25/09/2017 10:40 EDT

France/affirmation de financements libyens: Takieddine inculpé pour diffamation

L'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine a été inculpé pour "complicité de diffamation" pour avoir affirmé avoir remis 5 millions d'euros d'argent libyen au camp de Nicolas Sarkozy, avant que ce dernier ne remporte la présidentielle française de 2007, a-t-on appris lundi de source proche du dossier.

Cette inculpation fait suite à des plaintes pour diffamation de Claude Guéant, ancien directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, et de ce dernier.

Le site d'information Mediapart, qui avait publié ses fracassantes révélations, est également poursuivi dans ces procédures.

En matière de diffamation, les mises en examen sont quasi-automatiques.

Face à la caméra, l'homme d'affaires a affirmé avoir convoyé entre novembre 2006 et début 2007 "un total de cinq millions d'euros" dans des valises lors de trois voyages entre Tripoli et Paris. Des fonds qu'il aurait remis deux fois à Claude Guéant, mais aussi au futur chef de l'État lui-même. Ces derniers avaient farouchement démenti.

Le film de l'entretien a été diffusé le 15 novembre 2016 sur Mediapart, accompagné d'un article. Ces révélations avaient suscité un vif retentissement en pleine campagne pour la primaire de la droite, dont Nicolas Sarkozy a été éliminé dès le premier tour une semaine plus tard.

Ziad Takieddine a été inculpé le 7 décembre pour "complicité de corruption et de trafic d'influence actifs et passifs" dans l'enquête sur des soupçons de financement de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 par le régime libyen de Mouammar Kadhafi, décédé en 2011.

Devant le juge, il a confirmé ces remises d'espèces effectuées selon lui à la demande d'Abdallah Senoussi, l'ex-patron du renseignement libyen, pour "régler des frais de formations (...) d'agents libyens" en France, d'après une source proche du dossier.

Ses propos faisaient selon lui écho aux confessions en 2012 de Senoussi, lors d'une audition dans le cadre de poursuites de la Cour pénale internationale. Celui-ci avait affirmé avoir "personnellement supervisé" le transfert de cinq millions d'euros "pour la campagne du président Nicolas Sarkozy en 2006-2007", par l'intermédiaire de Takieddine, selon une source proche du dossier.

L'homme d'affaires est dans l'attente de son procès dans le volet dit financier de l'affaire Karachi sur des soupçons de rétrocommissions en marge de contrats d'armement avec le Pakistan signés par le gouvernement de l'ancien Premier ministre Edouard Balladur en 1994.

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