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23/09/2017 14:38 EDT | Actualisé 23/09/2017 15:00 EDT

Un nouveau séisme secoue Mexico, les recherches de survivants reprennent

Les recherches ont repris samedi à Mexico pour tenter de retrouver les derniers survivants du séisme qui a fait au moins 305 morts il y a quatre jours, après une nouvelle secousse qui a, à nouveau, jeté dans les rues des habitants traumatisés.

A Mexico, le contre-la-montre des opérations de sauvetage a repris sur au moins cinq sites, selon la mairie.

Miguel Angel Mancera, le maire de Mexico, a indiqué qu'une trentaine de personnes sont encore portées disparues.

Il a martelé sur Twitter samedi que "les consignes et la priorité des équipes de secouristes sont de continuer les recherches et les sauvetages".

Mais familles angoissées et secouristes, parfois en larmes, ont parfois dû attendre plusieurs heures la reprise des recherches à cause du séisme de magnitude 6,1, survenu peu avant 08H00 (12h53 GMT), dans l'Etat de Oaxaca, dans le sud du Mexique.

Ce nouveau séisme, dont l'épicentre est plus éloigné de la capitale que celui du 19 septembre, a été ressenti à Mexico mais la protection civile a indiqué n'avoir recensé aucun dégât dans l'immédiat.

Dans le sud du pays, zone frappée le 7 septembre par un séisme de magnitude 8,2 --le plus puissant en un siècle au Mexique-- qui a fait une centaine de morts, un pont "devra être reconstruit", a indiqué sur Twitter le président Enrique Pena Nieto. Des bâtiments se sont effondrés.

- En pyjamas ou pieds nus -

A Mexico, l'alerte a poussé dans le rue de nombreux habitants, quittant dans la précipitation leurs logements, parfois encore en pyjamas ou pieds nus.

Deux femmes, âgées de 52 et 80 ans, sont mortes d'un infarctus au moment de l'évacuation de leurs logements, dans le centre et le sud de la ville, selon le journal Reforma.

Dans le centre-ville touristique, visiteurs et employés d'hôtels sont restés rassemblés sur les places et points d'évacuation jusqu'à la levée de l'alerte, un peu plus d'une heure après la secousse.

Employée de l'hôtel City Express, Elisabeth Briceno a revécu l'angoisse de mardi. "J'ai très peur", a-t-elle confié. "Nous attendons les consignes mais j'aimerais ne plus jamais avoir à entrer" dans l'hôtel.

- Odeur de cadavre -

Malgré la reprise des recherches, la fatigue et le désespoir pesaient fortement sur les familles qui campent depuis quatre jours devant un immeuble en ruines du quartier branché de Colonia Roma, où pourraient encore être prisonniers plusieurs de leurs proches.

Une odeur de corps en décomposition s'échappait dans la matinée du bâtiment. Depuis vendredi, il est recommandé aux familles, journalistes et nombreux volontaires postés aux alentours de porter des masques, comme les secouristes, pour se protéger de la poussière ainsi que des possibles risques de contamination.

Pourtant l'espoir avait ressurgi à l'aube.

"On nous a dit qu'ils avaient détecté des zones où il y a de la vie, les chiens sont montés et les chiens ont confirmé ces signes de vie", confiait alors à l'AFP Paola Solorio, 35 ans. Elle attend angoissée depuis mardi des nouvelles de trois proches.

Plusieurs heures plus tard, la grue soulevait d'énormes plaques de béton, devant des familles éplorées.

Dans le sud de Mexico, à Tlalpan, les recherches ont aussi repris après une longue suspension qui avait semblé profondément frustrer les sauveteurs mexicains, dont certains ont pleuré, se serrant dans les bras devant les décombres.

Trois jours après un séisme, les recherches cessent généralement et les bulldozers commencent à dégager les gravats, les experts estimant qu'il y a alors peu de chances de retrouver des survivants.

Mais les proches des disparus se souviennent des sauvetages "miracles" accomplis après le grand séisme de 1985 dans cette mégalopole de 20 millions d'habitants.

Depuis mardi, 69 personnes ont été sorties en vie d'immeubles effondrés à Mexico, a indiqué la Protection civile samedi. Son dernier bilan fait état samedi de 305 morts, dont 167 à Mexico, 73 dans l'Etat de Morelos et 45 à Puebla. Quatre Taïwanais, un Sud-Coréen, une Panaméenne, un Argentin et un Espagnol font partie de ces victimes.

Et les funérailles s'organisent, comme celles de ces époux retrouvés enlacés sous les décombres.

Le tremblement de terre de mardi est survenu 32 ans jour pour jour après celui de 1985 qui avait fait plus de 10.000 morts - jusqu'à 30.000 selon certaines estimations -, et qui reste un traumatisme national.

Dans l'ouest de l'Argentine, deux séisme de magnitude 5,3 et 2,8 ont été enregistrés samedi dans l'ouest à 23 minutes d'intervalle, sans faire de dégâts, selon les autorités.

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