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23/09/2017 18:00 EDT | Actualisé 23/09/2017 18:20 EDT

France: les sénatoriales, test difficile pour Macron

Emmanuel Macron pourrait essuyer son premier échec électoral dimanche lors du renouvellement de la moitié du Sénat français, ce qui ne l'empêcherait pas de gouverner mais pourrait perturber ses plans.

Ultime étape d'un marathon électoral 2017 qui a bouleversé le paysage politique français, le rendez-vous s'annonce difficile pour le parti présidentiel, La République en marche (LREM), trois mois après son triomphe aux législatives.

Alors que la cote de popularité du jeune chef de l'État centriste a fortement chuté cet été, son parti, qui compte actuellement 29 sénateurs, affiche un objectif modeste: consolider son implantation au sein de la Chambre haute, où près de la moitié des sièges seront renouvelés (171 sur 348).

"Il faut déjà reconduire le groupe et on veut essayer d'aller plus loin", indique prudemment François Patriat, chef de file des macronistes au Sénat.

Le camp présidentiel aborde ces élections avec deux handicaps.

La nature même du scrutin, au suffrage indirect, n'est pas favorable au chef de l'État. Seuls ont droit de voter les "grands électeurs" (parlementaires, maires, élus locaux,...). Or, "En Marche! s'est construit dans un rapport quasiment direct entre Emmanuel Macron et les Français.

Surtout, ces dernières semaines, le gouvernement a pris plusieurs décisions très mal accueillies par les élus locaux: suppression de 300 millions d'euros de dotations aux collectivités, exonération de la taxe d'habitation pour la majorité des ménages, baisse du nombre d'emplois aidés...

Ces éléments risquent d'empêcher le parti présidentiel de modifier au Sénat les équilibres droite-gauche traditionnels, comme il avait réussi à le faire à l'Assemblée. Selon les experts, le Sénat, à droite depuis 2014, devrait le rester.

- La droite ambitieuse -

Le président du Sénat, Gérard Larcher, s'attend même à ce que la majorité de droite à laquelle il appartient sera "confortée".

L'absence de majorité au Sénat n'empêchera pas Emmanuel Macron de gouverner. En France, la Chambre haute a le pouvoir de retarder l'adoption des projets de l'exécutif auxquels elle est hostile, mais le dernier mot revient toujours aux députés.

En revanche, le feu vert du Sénat est en théorie indispensable pour réviser la Constitution. Or le chef de l'État entend faire adopter d'importantes réformes constitutionnelles d'ici l'été 2018, dont la réduction d'un tiers du nombre de parlementaires, qui devront recueillir l'assentiment des 3/5e de l'Assemblée nationale et du Sénat, soit 555 élus.

Si quelque 400 députés devraient lui être acquis (dont 313 du parti LREM), il faudra convaincre près de 160 sénateurs.

Le pari n'est donc pas gagné. Mais en cas de blocage au Parlement, le président a déjà annoncé qu'il organiserait un référendum.

Le Sénat, une institution d'habitude assez discrète dans le paysage politique, qui souffre d'une image poussiéreuse -- la moyenne d'âge y est de 64 ans -- espère en tout cas gagner en visibilité pendant le quinquennat.

"Je veux que le Sénat incarne une opposition exigeante", affirme son président Gérard Larcher.

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