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21/09/2017 15:43 EDT | Actualisé 21/09/2017 16:00 EDT

Syrie: la Russie accuse l'UE de "politiser" la reconstruction

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Guennadi Gatilov a accusé jeudi l'Union européenne de "politiser" la question de la reconstruction de la Syrie, jugeant "inacceptable" que les Européens ne veuillent pas s'engager tant qu'une transition politique n'est pas mise en oeuvre.

"La politisation des questions relatives à l'aide (humanitaire) et les déclarations sur la nécessité d'attendre la fin d'un processus politique sont inacceptables", a déclaré M. Gatilov lors d'une réunion en marge de l'Assemblée générale de l'ONU.

Présidée par la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini, cette réunion faisait suite à une conférence en avril à Bruxelles au cours de laquelle six milliards de dollars d'aide humanitaire avaient été promis pour les Syriens en 2017.

Les Européens répètent qu'ils ne financeront pas la reconstruction du pays dévasté avant qu'un processus de transition politique "crédible" ne soit mis en oeuvre.

"Nous parlons du destin de centaines de milliers, voire de millions de Syriens qui vivent à l'heure actuelle dans des conditions très difficiles, exacerbées par ce que j'appellerais des sanctions unilatérales", s'est insurgé M. Gatilov.

"Nous avons besoin à l'heure actuelle d'une aide humanitaire majeure via les Nations unies et d'autres canaux. Il faut reconstruire les écoles, les hôpitaux, les infrastructures essentielles", a déclaré le ministre russe, dont le pays est avec l'Iran le principal allié de Damas.

Depuis son entrée dans la guerre en 2015 pour soutenir le régime, l'aviation russe a procédé à des centaines de raids dévastateurs.

"Il ne peut y avoir un soutien pour la reconstruction tant qu'une transition politique crédible n'est pas en cours. La reconstruction doit être une récompense pour la paix, et non une récompense pour un régime qui a détruit ses propres villes et sa propre population", a rétorqué le représentant de la Grande-Bretagne.

"La politique d'assiéger des villes se poursuit, l'accès humanitaire reste limité, et ceux qui soutiennent le régime sont les principaux responsables", a estimé pour sa part l'ambassadeur français pour la Syrie, Franck Gellet.

L'aide n'atteint que 13% des 4 millions de Syriens dans le besoin, a souligné de son côté le commissaire européen pour l'aide humanitaire Christos Stylianides, ajoutant qu'il revenait au gouvernement syrien de garantir l'accès de l'aide.

Le conflit en Syrie a fait depuis 2011 plus de 330.000 morts, des millions de déplacés et réfugiés, et des dégâts et destructions d'une ampleur considérable.

cf/prh/sf