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21/09/2017 08:14 EDT | Actualisé 21/09/2017 08:40 EDT

Sicile: reprise des débarquements "fantômes" de migrants, 5 passeurs arrêtés

Les débarquements "fantômes" de migrants partis de Tunisie ont repris ces derniers mois dans l'ouest de la Sicile, où la police a annoncé cette semaine l'arrestation de cinq passeurs.

Ils sont pour la plupart maghrébins, arrivent sur de petites barques, à quelques dizaines, souvent de nuit. Une fois sur la plage, ils enfilent des vêtements secs et se dispersent dans la campagne, avant d'essayer de gagner une gare.

Ces débarquements, courants il y a 10 ou 15 ans, un temps réapparus en 2011 lors de la révolution tunisienne, sont devenus plus fréquents depuis juillet, selon Claudio Lombardo, responsable de Mareamico pour la province d'Agrigente, dans l'ouest de la Sicile.

Cette association écologiste a recensé les traces (barques vides, vêtements mouillés abandonnés...) de plus d'une cinquantaine de débarquements cet été sur les plages de la province, dans une zone de réserve naturelle isolée située à 250 km des côtes tunisiennes.

Le parquet d'Agrigente a ouvert une enquête mais n'a pas souhaité s'exprimer à ce sujet.

La semaine dernière, l'une de ces barques a été repérée en mer par un navire patrouillant pour l'agence européenne Frontex, arraisonnée par la police italienne, et ses 121 passagers tunisiens ont été conduits dans le centre d'identification (hotspot) de Pozzallo (sud de la Sicile).

Au cours de l'enquête, le téléphone d'une migrante a révélé une vidéo montrant cinq des hommes plaisantant dans la cabine de la barque. Agés de 28 à 38 ans, ils ont été arrêtés et inculpés d'aide à l'immigration illégale, a-t-on appris jeudi auprès de la police.

Les autres passagers avaient payé chacun 2.000 euros pour la traversée, qui a nécessité plusieurs changements de bateau à cause d'avaries techniques. En vertu d'un accord entre Rome et Tunis, ils ont tous été conduits dans un centre de rétention en vue d'être expulsés.

Selon le journal La Stampa, 30% d'entre eux avaient déjà été expulsés d'Italie et les autorités s'inquiètent de ces migrants qui, contrairement à ceux secourus au large de la Libye, cherchent à éviter les contrôles pour ne pas être renvoyés dans leur pays.

Parallèlement, les arrivées depuis la Libye ont chuté cet été, avec seulement 8.900 enregistrées depuis la mi-juillet, soit 20% de la moyenne sur la même période entre 2014 et 2016.

Mais d'autres routes restent aussi actives: des dizaines d'Algériens débarquent chaque mois en Sardaigne, tandis que des Syriens et Irakiens partis de Grèce à bord de voiliers affrétés le plus souvent par des passeurs russes ou ukrainiens arrivent dans des proportions similaires à la pointe sud de la péninsule.

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