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21/09/2017 05:29 EDT | Actualisé 21/09/2017 05:40 EDT

L'ex-épouse du président Zuma en route pour briguer la tête de l'ANC

L'ex-épouse du président sud-africain Jacob Zuma, Nkosazana Dlamini Zuma, a retrouvé jeudi un siège de députée, nouvelle étape dans sa campagne pour prendre la direction de l'ANC au pouvoir et, à terme, lui succéder à la tête du pays.

Le Congrès national africain (ANC) doit élire en décembre son nouveau chef, en remplacement de M. Zuma. Un poste-clé puisque le leader du parti qui sortira vainqueur des élections générales de 2019 deviendra chef de l'Etat.

Depuis plusieurs mois, l'ancienne patronne de l'Union africaine (UA) et ex-ministre Nkosazana Dlamini Zuma, 68 ans, se positionne en vue de ces deux échéances cruciales.

Elle a d'abord quitté la présidence de la Commission de l'UA en début d'année. Depuis, elle multiplie les engagements en Afrique du Sud: interventions devant les milieux d'affaires, tournée dans les sections de l'ANC, dépôts de gerbes... Et jeudi, elle a officiellement réintégré la vie politique sud-africaine en prêtant serment comme députée.

"Je reviens (au Parlement) à la demande de l'ANC pour servir le peuple sud-africain", a-t-elle déclaré sur son compte Twitter. "Je reviens déterminée à contribuer à appliquer les décisions de l'ANC, en particulier pour améliorer fondamentalement la vie de la population".

Mme Dlamini Zuma prend la place laissée vacante par un député démissionnaire.

Dans la course à la direction de l'ANC, elle fait figure de favorite avec l'actuel vice-président Cyril Ramaphosa, même si elle ne s'est pas encore officiellement déclarée.

Elle a déjà reçu le soutien de la puissante Ligue des femmes, de la Ligue de la jeunesse du parti et surtout de Jacob Zuma, avec qui elle a eu quatre enfants et continue à entretenir de bonnes relations malgré leur divorce en 1998.

Le retour de Mme Dlamini Zuma au Parlement "semble être une décision bien orchestrée pour étayer sa campagne", a réagi le principal parti d'opposition, l'Alliance démocratique (DA).

- 'Protection' -

"En tant que grande supportrice de Jacob Zuma et membre proche de sa famille, Dlamini Zuma ne fera que protéger le président et ses alliés", a estimé le patron de son groupe parlementaire, John Steenhuisen.

M. Zuma est empêtré depuis des mois dans une longue série de scandales de corruption. Il est notamment sous la menace d'une inculpation dans un vieux dossier de pots-de-vin lié à un contrat d'armement signé en 1999.

S'il soutient son ex-femme dans sa course à la présidence, c'est qu'elle lui est "loyale" et "peut potentiellement le protéger" contre des poursuites judiciaires, a estimé l'analyste politique Dirk Cotze, interrogé par l'AFP.

Fin août, Mme Dlamini Zuma avait démenti briguer la présidence pour garantir l'immunité de son ex-époux, dénonçant des accusations "offensantes".

L'ANC, qui domine la vie politique sud-africaine depuis la fin officielle de l'apartheid en 1994, est profondément divisé entre le pro et les anti-Zuma.

Les détracteurs du président au sein de l'ANC craignent que les affaires de corruption et le ralentissement de l'économie sud-africaine, la première puissance industrielle du continent, ne coûtent cher au parti en 2019.

En août 2016, l'ANC avait enregistré un cinglant revers aux élections locales: l'opposition avait pris le contrôle de plusieurs municipalités emblématiques comme Johannesburg et Pretoria.

Nouveau signe des fractures qui divisent le parti, une députée très critique vis-à-vis du président Zuma a annoncé jeudi son départ de l'ANC, quelques heures avant la prestation de serment de Mme Dlamini Zuma.

"Je ne vais pas être dirigée par des personnes qui ont perdu toute légitimité et crédibilité. Je ne serai pas dirigée par des chefs qui sont corrompus et tolèrent la corruption", a expliqué dans une longue lettre Makhosi Khoza.

bed/pa/thm