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21/09/2017 13:30 EDT | Actualisé 21/09/2017 13:40 EDT

Kiev fâche ses voisins en renforçant l'ukrainien à l'école

Le chef de l'Etat roumain Klaus Iohannis, qui a reporté deux rendez-vous officiels avec des dirigeants ukrainiens, a dit jeudi vouloir envoyer à Kiev un "signal fort" de protestation contre une récente réforme qui limite les cours dispensés dans les langues des minorités nationales au profit de la langue ukrainienne.

Cette réforme adoptée début septembre par le parlement ukrainien agite depuis plusieurs semaines les autorités des pays de la région qui ont des communautés fortement implantées en Ukraine, comme la Roumanie, la Hongrie et la Bulgarie.

Le président roumain a indiqué jeudi avoir annulé une visite prévue pour octobre en Ukraine ainsi que l'accueil à Bucarest du président du parlement ukrainien à la fin du mois, donnant ainsi "des signaux diplomatiques extrêmement forts".

La nouvelle loi "limitera drastiquement l'accès des minorités à l'éducation dans leur langue maternelle et cela nous fait mal pour les Roumains d'Ukraine", a-t-il déploré.

La réforme de l'enseignement adoptée par Kiev restreint progressivement à partir de 2018 la place des matières enseignées au collège et au lycée dans la langue de ces minorités au profit des cours dispensés en ukrainien.

Les gouvernements hongrois et bulgare avaient également vivement réagi, convoquant les ambassadeurs ukrainiens respectifs et appelant Kiev à "garantir" les droits des minorités.

Budapest avait dénoncé "un coup de poignard dans le dos", un acte "honteux" et prévenu que la Hongrie allait retirer tout soutien à l'Ukraine dans les instances internationales.

Kiev, qui met en exergue un problème de niveau de connaissance de l'ukrainien dans une partie de la population, a assuré vouloir néanmoins "garantir le libre développement des langues des minorités nationales".

La Bulgarie, la Hongrie, la Roumanie et la Grèce ont appelé les autorités ukrainiennes, dans une lettre commune la semaine dernière, au retrait de la réforme.

En Ukraine, une ex-république soviétique de 40 millions d'habitants, la minorité roumaine revendique quelque 150.000 membres, tout comme la minorité hongroise qui dispose de ses propres écoles.

La place de la langue ukrainienne est également un enjeu dans les régions de l'est de ce pays contrôlées par des séparatistes prorusses et en proie depuis 2014 à un sanglant conflit.

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